Le président libanais exige la formation, à Paris, d’un «gouvernement de mission»

Publié le 01 octobre 2020

«J’ai honte pour vos dirigeants. J’ai honte». Ce 27 septembre, le président libanais égrène lentement ses mots, et entend bien exprimer sa colère froide face à la classe politique française. Michel Aoun tient ce jour-là une conférence de presse exceptionnelle en son palais de Baabda. Très remonté contre l’ensemble des politiciens de l’Hexagone, il utilise des termes particulièrement crus : «profiteurs», «système crapuleux», «jeu mortifère de la corruption». Il est vrai que le président libanais a quelques raisons de s’emporter. Dès le mois d’août, il n’avait pas caché sa volonté de prendre en main la situation de la France, frappée de plein fouet par le coronavirus, au point que le pays est exsangue, résultat de la déliquescence du système politique national.

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Emmanuel Macron au chevet de la «souveraineté» irakienne

Par Georges Malbrunot – Le 02 septembre 2020

Emmanuel Macron en sauveur de l’humanité. Le bâton pour les Français. La carotte pour les autres. //RO

Envoyé spécial à Beyrouth

Attendu en fin d’année dernière à Bagdad, Emmanuel Macron s’est rendu en Irak mercredi dans la foulée de son déplacement au Liban. Une visite, sa première depuis 2017, de quelques heures seulement, qui fut entourée, côté français, d’une grande discrétion pour des raisons de sécurité.

Mercredi matin, le chef de l’État a quitté Beyrouth et son système confessionnel à bout de souffle pour en retrouver un autre, tout aussi défaillant, sur les bords du Tigre. La rue y gronde aussi contre la corruption et l’inefficacité de son gouvernement, représentant d’un État central faible face à l’appétit des puissances régionales, l’Iran notamment. D’où les mots d’Emmanuel Macron en faveur d’une «souveraineté» retrouvée pour l’Irak face aux «ingérences étrangères».«L’Irak traverse un temps de défis depuis plusieurs années, marquées par la guerre et le terrorisme», a déclaré Emmanuel Macron au début de sa visite. «Vous avez une transition à mener», et la France souhaite «pleinement» la soutenir, a-t-il ajouté après un entretien avec le président de la République, Barham Saleh.

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Liban: le pas de deux d’Emmanuel Macron avec le Hezbollah

Par Georges Malbrunot – Publié le 31 août 2020

Un article qui aura provoqué un coup de sang en direct de Macron envers Malbrunot. Voir le lien 2 infra. //RO

De notre envoyé spécial à Beyrouth

Le Hezbollah a encore du mal avec la métaphore macronienne. «Il faut arrêter de discuter du sexe des anges», avait enjoint Emmanuel Macron aux chefs de parti, reçus à la résidence des Pins à l’issue de sa première visite le 6 août dans un Liban, meurtri par la tragique explosion qui avait tué près de 200 personnes, deux jours plus tôt au port de la capitale.

Sur un ton très ferme, le président de la République avait sommé ses interlocuteurs de s’engager sur la voie des réformes indispensables à la survie d’un pays au bord de la faillite. Parmi eux, Mohammed Raad, chef du bloc parlementaire du Hezbollah, demanda ensuite à des proches de lui décrypter cette image auquel un pieux musulman chiite n’est guère familier. Mais le représentant du Parti de Dieu pro-iranien, qui domine la scène politique grâce à son arsenal militaire, n’en voulut point à Macron. Et pour cause! Il eut droit, à l’issue de la rencontre, à un aparté de huit minutes avec le chef de l’État. Première fois depuis la naissance du Hezbollah, en 1982, qu’un président français échangeait en direct avec un de ses membres. «Cela équivaut à une reconnaissance internationale», se félicitait quelques jours après un proche de la mouvance, classée terroriste par les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Allemagne.

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