Kevin Clément, tombé au Mali : légionnaire en Afrique, sapeur-pompier volontaire en Franche-Comté

Par Vladimir de Gmeline – Publié le 15/05/2020 – Marianne

Très bel hommage à ce soldat. Honneur à lui et à tous ceux qui servent fièrement la France. //RO

Il avait vingt et un ans, aimait le rugby, sa famille, l’aventure, et aider les autres. Pompier à Luxeuil-les-bains depuis l’âge de seize ans, il est mort au Mali au cours des combats avec le islamistes de l’EIGS (Etat islamique au grand Sahara). Son père, ancien légionnaire et pompier volontaire également, et un de ses anciens chefs, témoignent.

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SACRIFICE : « L’armée, un des derniers réceptacles de la flamme du sentiment national »

Posté le mardi 03 décembre 2019 – Par ASAF

L’auteur de L’Archipel français (Seuil) analyse le rapport de confiance et de considération qu’entretiennent les Français avec leur armée. Le sacrifice des militaires émeut d’autant plus qu’il paraît contraire aux valeurs dominantes de l’époque.


LE FIGARO. – L’émotion nationale après la mort de militaires français au Mali est-elle révélatrice du rapport qu’entretiennent nos compatriotes avec la mort ? 

Jérôme FOURQUET. – Le rapport à la mort a été considérablement euphémisé dans nos sociétés. Cela s’observe notamment dans la régression des rituels funéraires comme la veillée mortuaire. Nos concitoyens sont beaucoup moins familiers de la mort que ne l’étaient les générations précédentes. La mort de soldats s’est raréfiée dans un pays en paix depuis une cinquantaine d’années. Deux générations de Français (tous les moins de 60 ans) n’ont pas connu de situation de guerre hors les opérations extérieures. La guerre d’Algérie, dernière mobilisation du contingent, qui a fait 25 000 morts militaires, fut la dernière expérience collective de pertes militaires massives. Cette mise à distance de la mort fait de l’hécatombe du 26 novembre au Mali un choc tragique.


Les Français acceptent-ils le sacrifice suprême de leurs soldats ? 

Dans une culture hédoniste et individualiste, le dévouement pour le bien commun est moins évident. Pour une société qui cultive le « quand je veux, où je veux », le sacrifice ultime pour le collectif a quelque chose de vertigineux, voire d’incompréhensible. Ce vertige a été particulièrement saisissant au moment de l’hommage à Arnaud Beltrame. Le don de soi de ces militaires est l’une des dernières dimensions du sacré dans une société sans transcendance. D’où la célébration unanime d’un héroïsme antagoniste avec les valeurs dominantes de l’époque. Ce dévouement suprême est aussi célébré lorsqu’il s’agit des pompiers donnant leurs vies.

Propos de Jérôme FOURQUET 
recueillis par Eugénie Bastié
 
Le Figaro
3 décembre 2019

* Directeur du département « Opinion et stratégies d’entreprise » de l’institut de sondages Ifop

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GRAND EST | ARMÉE Démoralisés, épuisés : les soldats perdus de Sentinelle

Le 30 septembre 2019 – Le Républicain Lorrain

Des centaines soldats recrutés depuis les attentats de 2015 quittent l’armée avant la fin de leur contrat. Les pubs de l’époque leur promettaient les opérations extérieures, mais ils s’épuisent en gardes statiques et en patrouilles. Récit d’une démoralisation massive.

Lessivés, écœurés, à bout de souffle. Les jeunes militaires se succèdent à la barre de l’audience militaire du tribunal correctionnel de Metz, et dévoilent le côté sombre du recrutement de l’armée. Beaucoup avaient été attirés par les publicités 4X3 et vidéos You Tube vantant les opérations extérieures de la France. L’armée a lancé une vaste campagne de recrutement après les attentats de 2015 mais la majorité des nouvelles recrues sont allées grossir les rangs de Sentinelle qui exige 7 000 à 10 000 soldats… pour la surveillance du territoire français ! « Sentinelle, c’est une mission qui est plus dure qu’il n’y paraît », raconte Robin, poursuivi pour usage et détention de cannabis et interrogé en marge de son procès, « car il faut être vigilant tout le temps et c’est très répétitif. On a même gardé, en statique, des locaux où il n’y avait personne. » Lui a pu partir en opérations extérieures en Afrique mais de très nombreux « camarades », comme il les appelle, « ont enchaîné les missions Sentinelle ».

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