Passe vaccinal: «Pourquoi une mesure si déraisonnable est-elle ainsi largement soutenue ?»

Par Samuel Fitoussi – Publié le 24/01/2022

Contre le passe vaccinal, il existe de solides arguments de principe (on peut s’inquiéter du précédent établi par la suppression des droits fondamentaux de citoyens qui n’enfreignent aucune loi) mais aussi de nombreux arguments d’ordre pratique. Concentrons-nous sur ceux-ci.

Maintenant que l’on sait que le vaccin ne limite pas (ou peu) la transmission, pourquoi obliger un adolescent de 17 ans en parfaite santé dont la probabilité d’encombrer les hôpitaux est proche de zéro à recevoir une troisième dose ? La stratégie de vaccination de l’ensemble de la population avec boosters réguliers – raisonnable en juillet 2021 lorsque nous pensions que le vaccin limitait significativement la contamination – n’a-t-elle pas perdu une grande partie de son intérêt ? Pire, ne pourrait-elle pas être contre-productive ? Il est possible que l’injection de ces millions de doses à des jeunes en bonne santé nuise à la campagne de vaccination des populations à risque (13,7% des plus de 80 ans n’ont reçu aucune dose de vaccin, la couverture vaccinale française est une des moins bien ciblées de tous les pays occidentaux) et in fine, participe à l’encombrement des hôpitaux. 

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Passe vaccinal : suspension surprise de l’examen du projet de loi à l’Assemblée nationale

Le Monde avec AFP

On ne se réjouit pas trop vite car « à priori, le projet de loi n’est pas menacé dans son adoption, puisque le gouvernement dispose d’une majorité suffisante, et qu’il est aussi défendu « par principe » par les députés du Parti socialiste (PS) mais aussi une partie des élus LR qui souhaitent seulement que soit fixée une limitation dans le temps du passe vaccinal. »

Cela a commencé par des débats houleux pour se terminer par une suspension de séance surprise. L’examen du projet de loi transformant le passe sanitaire en passe vaccinal a été interrompu par les députés lundi 3 janvier au soir, après qu’une majorité d’élus ont voté à main levée contre la poursuite des débats après minuit.

Il reviendra, mardi matin, à la conférence des présidents de groupes parlementaires du Palais-Bourbon d’inscrire la suite de l’examen du texte à l’agenda de l’Assemblée nationale mais ce coup de théâtre va faire dérailler le calendrier d’adoption définitif du texte par le Parlement.

Cette décision rarissime a provoqué la joie bruyante des députés de l’opposition, en particulier sur les bancs des Républicains (LR) tandis que la majorité interpellait la présidente de la séance, Annie Genevard, à l’image du ministre de la santé, Olivier Véran. Ce dernier avait sollicité l’accord de l’Hémicycle pour poursuivre les débats après l’heure normale de clôture de l’Assemblée prévue à minuit. « On a la nuit devant nous », avait-il préalablement ironisé.

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