«Face à la menace terroriste, chaque concitoyen doit aujourd’hui s’engager»

Publié par Confédération Des Juifs de France et Amis d’Israël Le 03 août 2016   ENTRETIEN EXCLUSIF – Renseignement dans la gendarmerie, fort engagement des unités, mobilisation citoyenne et modernisation de l’institution, souvenirs personnels… Le général d’armée Denis Favier se livre en exclusivité au Figaro. LE FIGARO. – L’ACTUALITÉ MONTRE QUE LES TERRORISTES FRAPPENT TOUS AZIMUTS. QUEL EST … Lire la suite

You’re gonna need a bigger boat

Par Abou Djaffar, le 16 février 2016 Le blog Je vous invite à la lecture de cet excellent (et très long) billet que j’ai emprunté au bien connu Abou Djaffar. Prenez le temps de le lire dans son intégralité. Bonne lecture. //RO       Il pleut. Nous achevons notre déjeuner après une seconde tournée de … Lire la suite

Renseignement et anti-terrorisme : quand le malaise s’installe

Par Franck Bulinge, le 08 février 2016

SoWhat? Analyser – Comprendre – Décider

Je vous propose aujourd’hui un long article à « haute valeur ajoutée » de mon camarade Franck Bulinge. Je suis tenté de dire que c’est l’article qu’il faut avoir lu sur le sujet. Agréable lecture et n’hésitez pas à partager ce billet, voire à le conserver. //RO

 

 

Avertissement : ce texte a été rédigé en juillet 2015 en vue d’une publication dans une revue qui se disait libre et indépendante. A la lecture du texte, le comité de rédaction a finalement choisi de ne pas le retenir, lui préférant celui d’un représentant du pouvoir. Allégeance quand tu nous tiens…

Initialement intitulé « Renseignement et terrorisme: en finir avec la stratégie de l’échec », auquel j’ai finalement préféré le présent titre, le texte a été mis à jour, actualité oblige, mais il garde sa forme originale, autrement dit un coup de gueule. A ceux qui, ces derniers mois, m’ont demandé ce que je pense de la situation, cet article constitue une bonne réponse.

 

L’attentat du 13 novembre, faisant suite aux attentats de Saint-Quentin-Fallavier et du Thalys, confirme l’échec de la politique de lutte anti-terroriste conduite depuis 2006. Après chaque attentat, un peu comme dans le film « Un jour sans fin », l’exécutif répète inlassablement les mêmes éléments de langage, révélant son incapacité à innover dans le domaine de la communication. Dans un pathétique rappel de son échec, il déclare comme un leitmotiv que le ou les auteurs de l’attentat étaient fichés par les services et qu’en dépit du renforcement des moyens techniques et législatifs de renseignement, par ailleurs dénoncés comme inefficaces et dangereux pour la démocratie, il n’a pas été possible d’anticiper leur geste. Ce discours répétitif souligne en creux l’impasse stratégique dans laquelle se trouve le gouvernement mais, également, l’urgence, pour les services de renseignement, de revoir leur logiciel.

 

Un désastreux message politique

Face à un phénomène mal cerné, on ne s’étonnera pas de l’inadaptation du message gouvernemental. Outre les inamovibles éléments de langage présidentiel (nous ne cèderons pas, les coupables seront poursuivis, nous serons impitoyables etc.) répétés depuis 30 ans pour « terroriser les terroristes » (Réponse des intéressés : « Ah ! Ah ! Ah ! Allahou Akbar… »), l’actuel ministre de l’intérieur se condamne, comme l’écrit le Figaro[1], à « poursuivre son marathon, de drame en drame » pour communiquer le pire message (parfois même en pleurant) que puisse émettre le pouvoir politique : « l’individu était connu de nos services, il faisait l’objet d’une fiche de sûreté… ». En clair : « on savait presque tout sur lui mais on n’a pas pu l’empêché de passer à l’acte… ». L’ultime excuse étant, face à l’échec, qu’« il n’y a pas de risque zéro », comme le précise régulièrement le Premier ministre.

A contrario, les périodes d’accalmie entre deux attentats sont l’occasion de rendre hommage au travail des services de renseignement[2] tout en justifiant la mise en œuvre d’un dispositif de surveillance toujours plus vaste. Le sophisme de la communication gouvernementale rejoint alors la devise des Shadocks qui veut que s’il ne se passe rien c’est parce que les services de renseignement « pompent dur », ce qui se traduit fonctionnellement par l’idée qu’« il vaut mieux pomper même s’il ne se passe rien que risquer qu’il se passe quelque chose en ne pompant pas… ». Et lorsque, par chance, comme le souligne Marc Trévidic [3], un projet d’attentat est déjoué, le gouvernement en fait un moment médiatique à la gloire du système, bien que le seul fait d’évoquer un attentat déjoué assure une publicité minimale aux terroristes tout en excitant leur susceptibilité, ce qui revient à entrer dans leur jeu.

Dès lors, comment s’étonner qu’au regard de cette confusion, émergent les théories conspirationnistes qui prêtent d’obscurs desseins à un gouvernement désemparé et impuissant, pour ne pas dire incompétent ? De fait, la communication gouvernementale, parce qu’elle ne parvient pas à convaincre et rassurer, fait le jeu non seulement des islamistes, mais également de millions d’internautes « antisystème » déconnectés de la réalité. Entre les deux, une majorité de citoyens assiste, impuissante et désarmée, à cette guerre de l’information qu’instrumentalisent les politiciens de tous bords.

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