Pauvre Biélorussie, si loin de Dieu et si proche de l’UE !

Par Stratediplo – Le 18 août 2020

« Ce 30 août, venant d’apprendre que la Russie envahira la Biélorussie dans les trois prochains jours, vous devez rédiger en anglais un rapport présentant à la chancelière allemande les actions qui peuvent être entreprises pour interrompre cette agression« . Tel était en substance, il y a trois ans, le sujet de l’examen d’entrée au cycle de Diplocat (master en diplomatie et action extérieure) préparant le futur corps diplomatique du très atlantiste gouvernement catalan sur le point de proclamer l’indépendance. En réalité c’est ce gouvernement, plus que ses futurs diplomates, qui passait là un examen, ou en tout cas affirmait son engagement atlantiste et uniopéiste en ayant pris soin de choisir un sujet extrêmement important pour l’Alliance Atlantique comme pour l’Union Européenne. 

Evidemment la Russie, même si elle a renouvelé ce 15 août son engagement à défendre la Biélorussie en cas d’agression extérieure, n’a ni intention d’envahir son partenaire dans l’union d’Etats, ni nécessité d’envahir un territoire où ses forces armées sont déjà présentes en vertu d’un accord de défense. Mais elle ne peut pas permettre une déstabilisation débouchant sur un coup d’Etat comme celui du 22 février 2014 en ex-Ukraine, et l’installation d’un régime potiche de l’Union Européenne dont le premier acte serait de demander le retrait des unités russes de Biélorussie. En effet la principale mission de ces dernières est de protéger la trouée de Suwalki, c’est-à-dire d’être en mesure de rétablir une liaison terrestre, le long de la frontière lituano-polonaise, entre Grodna (Biélorussie) et Kaliningrad (Russie) au cas où le million d’habitants de l’enclave russe serait assiégé par l’OTAN.

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