Terrorisme, les nouvelles guerres d’Obama dans cinquante “laboratoires” africains…

PAR RICHARD LABÉVIÈRE - Publié le 23 Mar, 2014
PAR RICHARD LABÉVIÈRE – le 23 Mar, 2014

 

L’armée américaine est présente dans une cinquantaine de pays africains, de l’Algérie, l’Angola à l’Ouganda et la Zambie. Ces activités militaires s’effectuent dans la plus grande clandestinité, notamment en ce qui concerne les bases de drones.

 

Mourabitoune-MUJAO-TERRORISTE-REBELLES-MLNA-
Mourabitoune-MUJAO-TERRORISTE-REBELLES-MLNA-

 

En 2001, Donald Rumsfeld, alors secrétaire à la Défense des Etats-Unis, lançait sa « révolution dans les affaires militaires ». Cette doctrine militait pour un modèle d’armée légère, constituée de forces ramassées, projetables, mobiles et dotées d’équipements bénéficiant du dernier cri de la technologie. Mais cette conception n’a pas résistée aux enlisements meurtriers et contre-productifs en Irak, en Afghanistan et au Pakistan. Entre-temps, deux secrétaires à la Défense et un nouveau président ont élaboré une nouvelle approche d’engagement, destinée à éviter les opérations terrestres d’envergure. Cette réorientation tactique s’est affirmée en Libye où les Etats-Unis se sont bornés à fournir des appuis logistiques (munitions, soutiens aérien et naval) et du renseignement aux forces françaises et britanniques, elles-aussi, se gardant bien de s’engager officiellement au sol, à part quelques centaines de soldats des Forces spéciales.

Une présence massive

Dans certains pays africains, Washington forme des supplétifs locaux pour combattre des adversaires aussi divers que les Shebab de Somalie, les trafiquants de drogue et d’armes, les activistes de Boko Haram au Nigéria ou les jihadistes d’AQMI au Sahel. Dans d’autres, les « experts » américains encadrent des exercices militaires communs, implantent des mercenaires et construisent des infrastructures constituant autant de relais futurs à leurs propres forces en Ethiopie, au Botswana et au Burkina.

Ces activités s’effectuent dans la plus grande clandestinité, notamment en ce qui concerne les bases de drones. En février 2013, le Pentagone a dû reconnaître qu’il installait plusieurs de ces nouvelles armes dans un coin de l’aéroport international Diori Hamani à Niamey. Le porte-parole de l’Africa Command – Africom -, Benjamin Benson précisait que « ces équipements devaient aider à la collecte de renseignements, en collaboration avec les forces françaises engagés au Mali et d’autres partenaires dans la région ». Quelques mois plus tard, le New York Times rapportait que ce qui avait été initié au Niger avec deux drones Predator, s’était généralisé pour d’autres pays africains, nécessitant l’assistance de plusieurs centaines de « techniciens » de l’US Air Force.

Si l’on en croit le capitaine Robert Smith, commandant de la Naval Special Warfare Unit 10 (NSWU 10), les « experts » sont actifs « au sein de pays stratégiques tels que l’Ouganda, la Somalie et le Nigéria ». Il mentionne « six zones difficiles en Afrique ainsi que des opérations d’urgence menées tous les deux mois en Libye, en Tunisie et dans les pays d’intérêt prioritaire pour la Maison Blanche dont le Sénégal, l’Afrique du Sud et la Tanzanie » où Barack Obama s’est rendu en juillet 2013. D’autres sources avisées mentionnent le financement d’infrastructures et la formation d’unités spéciales dans l’ensemble de la Corne à partir de la base américaine de Djibouti. Quelque 400 millions de dollars ont été investis pour moderniser le Camp Lemonnier (ancienne base française de la Légion) entre 2009 et 2012. Le site s’est enrichi d’une centrale électrique, d’équipements sanitaires pour un format de 4000 hommes, d’un nouvel état-major intégré et de plusieurs grands hangars susceptibles d’accueillir des avions de chasse et de transport.

Aujourd’hui, quelques 35 pays africains seraient ainsi concernés par ce redéploiement américain dont les « experts » estiment qu’il sert de laboratoire à la nouvelle doctrine de « guerre globale légère » de Barack Obama. Celle-ci s’appuie sur sept « commandements » : 1) un usage permanent des Forces spéciales (leur état-major, le SOCOM – une armée dans l’armée – dispose de 60 000 hommes) ; 2) un recours tout aussi permanent au renseignement (aujourd’hui l’administration américaine dispose de 22 agences spécialisées de renseignement sans compter les officines privées des grandes sociétés qui travaillent pour le Pentagone) ; 3) un engagement croissant des drones (ils seraient opérationnels dans 12 pays du continent) ; 4) un recours massif aux différents outils de la cyber-guerre ; 5) la formation d’armées dite de « substitution » (armées locales et société militaires privées – SMP) ; 6) l’organisation d’exercices et de manœuvres communes permettant aussi d’ouvrir de nouveaux marchés aux entreprises de défense et de sécurité américaines ; enfin, un usage approprié de la presse, de la communication et des ONG amies, dont celle de l’inoxydable financier George Soros, très présent aussi en Afrique.

Evidemment, et comme d’habitude, ce barnum se pare de toutes les vertus droit-de-l’hommistes, de la libre entreprise et de la lutte contre une Al-Qaïda planétaire et intergalactique… L’autre dimension essentielle de cette nouvelle approche mise, assurément, sur une clandestinité renouant avec toutes les subtilités du concombre masqué. Enfin, comme nous l’explique un porte-parole du Pentagone : « l’importance de cette nouvelle guerre légère signifie que les troupes américaines sont, désormais moins susceptibles d’intervenir et de risquer leur vie… » Nous voilà rassurés !

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