Je vous propose un extrait de ce que mes mémoires préfigureront comme style d’écriture et qui s’intituleront, à ce stade du projet, « Tranches de vie ». Je vous en dévoile ici l’introduction partielle. //RO

Vous dire que je suis de bonne humeur tous les jours serait vous mentir honteusement. Non! En fait la mauvaise humeur est la règle chez moi et la bonne humeur l’exception. D’ailleurs, dans le cadre de mes fonctions, j’avais demandé instamment que l’on ne me pose plus jamais la question « comment ça va ? » puisque ça n’allait jamais et qu’en plus, si j’avais une dose infinitésimale de bonne humeur, elle fichait le camp sur le champ. 
En réalité, c’est de naissance. Et pour ne rien vous cacher, ça a débuté le 8 septembre 1952 à la maternité de Cambrai dans le Nord de la France. Bienvenue chez les Ch’tis. A peine avais-je passé la tête à l’extérieur de mon cocon que j’étais de mauvaise humeur. Renfrogné et ridé comme un Sharpeï. J’anticipais déjà que ma vie allait être « une vie de merde ». 

Je précise tout de suite que je n’ai pas été expulsé comme ils disaient sur place car cela aurait signifié que j’ai été éjecté à 3 ou 4 mètres sans que personne ne puisse me rattraper. Nan! Là je confirme… on m’a tiré dans tous les sens par la tête puisera les épaules, puis le corps jusqu’aux pieds. J’étais d’une humeur massacrante et, sans rien voir, j’ai pensé « c’est quoi ce bordel ?  » « Dans quel monde de fous je suis ». 
Mais le pire du pire c’est lorsque quelqu’un m’a pris par les pieds, tête en bas et m’a filé ma première raclée. Là j’étais rouge de rage et j’ai gueulé. J’ai gueulé. Pour me punir plus encore, ils m’ont mis de l’eau dans tous les trous. Les yeux, le nez, la bouche, les oreilles avant de rentrer des bâtons dedans. J’ai pensé « ils veulent me tuer ». Je gigotais dans tous les sens et je braillais de plus belle. Mais c’était pas terminé. Ils m’ont coupé un cordon bizarre qui sortait de mon ventre et ils ont fait un noeud avec le bout qui restait. Des cinglés je vous dis.
Et le meilleur était à venir… Ils m’ont tiré sur le zizi très fort et quelqu’un ma pincé les coucougnettes pour voir si j’en avais bien deux. Et là elle a gueulé à son tour : « duos habet et bene pendentes »… J’étais déjà un enfant précoce. Bon là j’déconne. À ce moment précis, je me suis dit « pourvu qu’ils ne me fassent pas un toucher rectal. Ils ont probablement lu dans mes pensées. Rien ne s’est produit.
Mon calvaire s’est arrêté là il me semble. En fait je crois que j’ai dû m’évanouir après tant de maltraitances. C’est pas possible autrement.
À suivre

Je vous remercie par avance des critiques que vous vous voudrez bien apporter à l’issue de votre lecture.