Tranches De Vie

Marc Brémont, sexygénaire, officier atypique en retraite, ancien de la Coloniale et de la DGSE, se raconte dans un style qui est le sien : brut de décoffrage

Catégorie : Non classé (page 2 of 3)

J’avais un ami, un frère d’armes…

Par Régis Ollivier le 27 octobre 2014

Une publication lecolonel.net

 

Capture d’écran 2014-10-27 à 16.12.05

 

 

En exclusivité aujourd’hui, je vous invite à découvrir une nouvelle « tranche de vie ». Certains noms sont imaginaires, en revanche, les personnages ne le sont pas. Néanmoins, je veux croire que toute ressemblance avec d’autres personnages que les miens ne serait qu’une pure coïncidence. Bonne lecture. //RO

 

Je parlais ce matin sur un autre blog et sur un tout autre sujet de l’odeur de la mort politique des familles qui (dé)composent la gauche ici.

Tout le monde ne peut pas connaitre cette véritable odeur de mort, quand elle rôde mais surtout lorsqu’elle a frappé! Marc Brémont lui connait bien cette odeur et les réactions qu’elle provoque. Pour y avoir été confronté lui-même, mais aussi et surtout pour avoir été confronté à celle des autres. Celle des camarades, celle des amis, celle des autres, de la famille, des frères d’armes…

Lui qui ne cesse de répéter qu’il était né sous une mauvaise étoile, lorsqu’il pense à cette mort qui l’a épargnée, parfois grâce à beaucoup de chance, il se dit que cette étoile n’était pas si terne que ça.

Marc se souvient plus particulièrement d’une mort (en plus de celle qui avait endeuillée sa propre famille en emportant sa soeur âgée d’à peine 20 ans) qui l’a profondément marquée. A tel point qu’il y pense encore aujourd’hui. Une mort violente. De visu.

Marc Brémont se revoit il y a plusieurs décennies de cela. C’était à Djibouti. Ce jour là, il effectuait une garde d’honneur devant le cercueil d’un sous-officier mort en service. Un cercueil sur lequel reposaient le képi et les décorations du militaire. Une tente avait été dressée sous forme de chapelle ardente. Il devait être aux environs de trois heures du matin. La température dépassait déjà les 30 degrés mais surtout le taux d’humidité flirtait avec les 90%, comme d’habitude. En tenue de cérémonie, au garde à vous l’arme au pied, Marc dégoulinait de transpiration. Celle-ci lui ruisselait entre les omoplates et le long du sternum. Pire encore, elle coulait à grosses gouttes de son front à cause du képi qu’il portait. Le mouchoir qu’il se servait pour s’éponger était lui aussi trempé désormais.

Sur la terre battu, il voyait les tarentules et autres insectes tout aussi désagréables comme les scorpions partir en chasse. Ces bestioles l’effrayaient un peu quand même.  Au loin, des chiens errants hurlaient et le muezzin n’allait sans doute pas tarder à faire son appel à la prière.

Marc était persuadé qu’il n’en était rien, mais il avait le sentiment que la chapelle ardente dégageait une affreuse odeur de mort. Une odeur qui lui remuait les tripes, une odeur qui lui donnait la nausée. Il ne se sentait pas bien du tout. Il aurait voulu que tout ça ne soit qu’un mauvais cauchemar mais la dépouille était là, bien présente, dans son cercueil de plomb et de bois. Marc avait envie de pleurer. Il se retenait. Il n’allait pas ajouter des larmes à la sueur…

Car le soldat qui reposait devant lui n’était autre que son ami. Son meilleur ami. Mort de manière stupide. Comme toutes les morts d’ailleurs.

Son impression de malaise était encore décuplée. Alors, pour se donner le change, Marc abandonnait sa position martiale et s’approchait du cercueil. Il posait délicatement la main sur le drapeau, puis sur le bois qu’il caressait comme s’il caressait le bras de son ami pour le réconforter d’une mauvaise situation. Et puis Marc lui parlait. Il l’engueulait même… « putain, tu fais chier. Tu pouvais pas faire attention. Qu’est-ce que je vais faire sans toi désormais? Et tes parents putain ».

Marc sait que la relève va arriver dans quelques minutes. Alors, il pose son arme et se reconditionne comme il peut. Puis il reprend sa position martiale. Au garde-à-vous, l’arme au pied. En l’honneur de son ami. Ce frère d’armes perdu à tout jamais.

Et au nom de Dieu! Vive la coloniale se dit-il.

 

 

 

« Pas bandante du tout » se dit-il…

Par Régis Ollivier le 24 octobre 2014
Une publication lecolonel.net
En exclusivité aujourd’hui, je vous invite à découvrir une nouvelle « tranche de vie ». Certains noms sont imaginaires, en revanche, les personnages ne le sont pas. Néanmoins, je veux croire que toute ressemblance avec d’autres personnages que les miens ne serait qu’une pure coïncidence. Bonne lecture. //RO

 

images-1

 

 

Marc Brémont file désormais sur une autoroute quasiment déserte. Il approche de Baden-Baden et se suggère une pause petit-déjeuner. De fait, il ne souhaite pas non plus arriver trop tôt à Offenbourg, sachant pertinemment que son amie Jocelyne est un oiseau de nuit. Boites de nuit, soirées animées entres amis, tabac, une certaine dose d’alcool… Couchée tard, levée tard. Un peu son contraire. Lui est plutôt du genre casanier. Non pas qu’il répugne à faire la fête, mais point trop n’en faut. Il préfère les soirées entre amis. Il déteste les ambiances boites de nuit et hyper-basses qui lui mettent les tempes en ébullition. Lui, ce qu’il aime, c’est être enfermé dans un cocon. Comme dans sa voiture où il écoute toujours la radio en sourdine. 

A l’approche de Baden-Baden, un souvenir qu’il aurait voulu oublier à tout jamais lui revient en mémoire. Un quasi-déshonneur. C’est du moins ainsi qu’il ressentait cet événement. 

Jeune sergent, il devait effectuer avec sa section composée d’une dizaines d’hommes, des appelés du contingent, un raid d’une centaine de kilomètres en pleine Forêt-Noire, un massif montagneux au sud-ouest de l’Allemagne, dans le land du Bade-Wurtemberg. Largués à un point de départ totalement inconnu, tout avait pourtant bien débuté. Ils avaient plusieurs jours pour parcourir à pieds cette distance et rejoindre un point fixe d’arrivée. Marc et ses soldats étaient quasiment tous de la même classe d’âge. Mais sa devise était simple : la rigueur dans la bonne humeur. Pas de copinage dans le travail. Après deux jours de marche, la fatigue se faisait déjà sentir lorsqu’une pluie torrentielle s’est abattue sur le groupe. La nuit tombait et Marc avait le très net sentiment de s’être perdu. Sous son poncho, il tentait de protéger ce qui lui restait de sa carte IGN, les lunettes dégoulinantes de pluie, il ne voyait quasiment plus rien. Derrière lui, la grogne commençait à s’installer. Marc entendait bien ses hommes râler. Mais il hésitait encore à reconnaitre qu’il était paumé de chez paumé. Mort de honte. Il se maudissait d’être aussi nul. « Mais bordel de merde, putain! On est où là…? ». Il en aurait pleuré de rage. L’un de ses hommes, ingénieur de formation s’est alors détaché du groupe pour s’enquérir de la situation. Marc a craché le morceau « on est paumé bordel de merde ». Difficile de faire un point de stationnement dans cette Forêt Noire en pleine nuit. La décision fut prise de s’installer pour la nuit. On verrait demain. 

Après une nuit digne des pires moments de Koh Lanta, Marc, aidé par son second improvisé, remit sa section en marche jusqu’à ce qu’ils furent en mesure de faire un point de situation. Marc n’avait pas de mots assez forts pour remercier son précieux collaborateur. Mais au fond de lui-même, il était furieux. Vert de rage. Comment pourrait-désormais regarder en face ses hommes de troupes après un tel fiasco? Allait-il y perdre en autorité? Jamais une telle honte ne s’était abattue sur lui… 

Absorbé par ses funestes pensées, il faillit en louper la sortie pour l’aire d’autoroute. « Quel horrible souvenir » se dit-il… 

Après avoir fait le plein d’essence et pris une collation légère, il reprit sa route. Encore une bonne heure de trajet. Ce qui devrait l’amener à destination aux environs de 08 heures. Il en avait un peu ras-le-bol quand même. Mais le moral était bon. 

Comme d’habitude, il lui fallut un bon quart d’heure pour trouver une place de stationnement. 08h20. Il espérait que Jocelyne serait debout. Il gagna rapidement le quatrième étage, en ayant pris soin auparavant d’ajuster sa tenue vestimentaire. 

Un bref coup de sonnette. Marc n’attendit pas longtemps que la porte s’ouvre sur son amie en robe de chambre pour le moins colorée. Très colorée. Le style à n’en point douter était burkinabé. Jocelyne avait été une pasionaria de la cause burkinabé et de Thomas Sankara, un homme politique anti-impérialiste, panafricaniste et tiers-mondiste burkinabé, mort assassiné le 15 octobre 1987 à Ouagadougou au Burkina Faso. Cette passion l’avait conduite à vivre une partie de sa vie avec un ressortissant de ce pays qui lui avait fait un enfant avant de la quitter sans laisser d’adresse. L’enfant était en garde chez les parents de Jocelyne et Marc ne l’avait jamais rencontré.

Chaleureuses retrouvailles et longues embrassades. La jeune femme se dirigea vers la cuisine pour préparer le café. Marc avait néanmoins ressenti un choc en découvrant Jocelyne au sortir du lit, sans maquillage, les cheveux ébouriffés et une haleine de chacal. se dit-il, déçu et contrarié.  « Merde, je n’aurais pas du arriver si tôt », se dit-il. Pendant qu’il buvait son Nescafé (il déteste le café lyophilisé), Jocelyne s’activait avec son balai à la main pour un ménage qu’elle n’effectuait, selon ses dires, que lorsqu’elle avait le temps. Le spectacle était un érotisme torride! La libido de Marc en prenait un sérieux coup…

La journée fut banale. Marc était peu disert et Jocelyne lui posa plusieurs fois la question de savoir s’il était contrarié. Marc répondit que tout allait bien, mettant cela sur la fatigue de la route. 

Fort heureusement, la soirée prévue avec une dizaine d’amis devrait permettre de détendre l’atmosphère. C’est du moins ce qu’il espérait. Avec un peu d’alcool dans le sang, il se disait que tout était possible et qu’il verrait son amie … sous un angle différent. Ce ne serait pas la première fois que, bien alcoolisé, il grimperait sur une femme qu’il avait cru voir avenante.

Mais c’est une autre histoire… (à suivre)  

Baden-Baden, confetti de luxe et de plaisir

 

 

Deux petits seins en forme de poire.

Par Régis Ollivier le 18 octobre 2014

Une publication lecolonel.net

En exclusivité aujourd’hui, je vous invite à découvrir une nouvelle « tranche de vie ». Certains noms sont imaginaires, en revanche, les personnages ne le sont pas. Néanmoins, je veux croire que toute ressemblance avec d’autres personnages que les miens ne serait qu’une pure coïncidence. Bonne lecture. //RO

 

images-1

 

Trier (Allemagne) 1973 – 1977

Marc Brémont venait de quitter le quartier du Belvédère, sur les hauteurs de Trèves, où se trouvait son régiment, le 9ème Rama. Il regrettait sincèrement l’année qu’il venait de passer au sein de ce même régiment lorsque celui-ci était stationné à Saarburg, à quelques kilomètres d’ici. Saarbug faisait figure de village à coté de cette grande métropole de Sarre. Une ville noire, sans âme pensait-il, qui sera pourtant classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1992. Lui n’en garde pas un excellent souvenir.

Son trajet l’amena vers la célèbre Porta Nigra, monument emblématique de la ville deTrèves, l’une des plus anciennes portes de ville. Elle est elle aussi répertoriée au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Direction Offenburg où il allait passer le week-end en compagnie de son amie, pas encore petite amie, Jocelyne, une toulousaine, militaire de carrière, qu’il avait connue à l’occasion d’un stage de formation à Montargis. Marc n’effectuait ce trajet, qu’il connaissait par coeur, que de nuit. Sur des autoroutes allemandes sans limitation de vitesse et sans péage.

Membre des Forces Françaises en Allemagne (FFA), il bénéficiait de la détaxe sur de nombreux produits dont les véhicules et les carburants. Une aubaine. Au volant de son bolide, dont l’aiguille du compteur oscillait entre 170 et 180 km/h, Marc était toujours serein et ces instants étaient propices à la rêverie. 

En quittant Saarburg, il avait surtout quitté la superbe et plantureuse Sylvia. Bien en chair et d’une douceur sans égale. Rien que cette pensée lui laisse comme l’impression que son parfum vient d’envahir l’intérieur de son véhicule. Pas farouche du tout Sylvia. En quelques semaines, l’affaire avait été rondement menée. Marc se souvient de la toute première fois qu’il avait pris l’initiative de lui glisser la main au creux de son intimité, l’autre main sur le volant. Il avait eu la surprise d’y découvrir un pubis totalement et parfaitement rasé. Ce qui l’avait quand même contrarié. Il n’appréciait pas particulièrement les triangles d’amour lisses mais pour le coup, se dit-il, il s’en accommoderait. Sylvia d’ailleurs se détendait et appréciait visiblement cette caresse qu’elle jugeait cependant imprudente… en conduisant. 

Point besoin de parler allemand dans cette situation. Mais très rapidement, Marc avait appris à s’exprimer dans un allemand de survie plus que correct qui lui permettait de faire face à de multiples situations. Même s’il ne savait pas l’écrire. Il n’avait d’ailleurs fait aucun effort en ce sens. Les parents de Sylvia, qui ne connaissaient rien de leur véritable liaison, étaient des gens absolument charmants avec lesquels il discutait régulièrement. 

L’aiguille du compteur avait allègrement franchie le 190 km/h lorsqu’il sorti de sa pensée érotique. Il regrettait la belle Sylvia. Bien vite remplacée cependant par une jolie blonde dont le nom lui échappe aujourd’hui encore. Celle-ci était d’une timidité maladive et dépressive. Après plusieurs mois de fréquentation assidue, Marc n’était toujours pas parvenu à une conclusion heureuse. Ce qui l’avait encouragé à rompre en douceur. Du temps perdu pensait-il et, de plus, les sentiments n’étaient pas vraiment au rendez-vous. Il s’en était lassé. 

Marc était revenu à une vitesse plus raisonnable et voyait désormais les bolides allemands le dépasser à plus de 200 km/h. Sa pensée revint alors vers Jocelyne. C’est vrai qu’elle n’est pas particulièrement jolie mais elle a du chien. Son corps lui plait bien. De taille moyenne, svelte, elle possède un atout, entres autres, qui le fait craquer : deux petits seins en forme de poire. Le nec plus ultra pour Marc Brémont. 

De fait, Marc n’avait que faire de ces poitrines opulentes objets de tous les fantasmes de ses amis. Lesquels évoquaient régulièrement des pratiques sexuelles dont il se moquait bien. A petites mains, petits seins. Cela faisait un an quand même qu’il fréquentait Jocelyne, sans que rien de concret ne se soit passé. Un exploit pour lui, habituellement plus expéditif. Alors, il s’interrogeait souvent sur le pourquoi de cette liaison platonique.  Certes, il avait d’autres aventures. Il était même un habitué du genre, lui qui ne pouvait pas s’empêcher de sortir avec deux, voire trois filles en même temps. Mais Jocelyne était au-dessus du lot pensait-il. Néanmoins, il avait décidé de porter l’estocade finale ce week-end. 

A l’annonce d’une station essence, Marc décida de faire une pause café. Cette décision eut pour effet de mettre un terme à ses pensées lubriques. Il lui faudrait désormais se concentrer sur la stratégie à adopter pour mettre Jocelyne dans son lit. Ou plutôt définir l’art et la manière de se glisser dans les draps et dans les bras de la belle toulousaine.

Mais c’est une autre histoire… (à suivre)

 

« Marc, cessez de faire du misérabilisme » …

 

Par Régis Ollivier le 18 août 2014 

En exclusivité aujourd’hui, je vous invite à découvrir une nouvelle « tranche de vie ». Certains noms sont imaginaires, en revanche, les personnages ne le sont pas. Néanmoins, je veux croire que toute ressemblance avec d’autres personnages que les miens ne serait qu’une pure coïncidence. Bonne lecture. Je vous remercie par avance pour vos éventuels commentaires. //RO

Tranches de vie Tryptique gerardlesoeur.info

Tranches de vie Tryptique
gerardlesoeur.info

S’il est une chose dont Marc Brémont a horreur, c’est que l’on vienne lui chatouiller le fondement. Et c’est justement ce qui vient de se produire.

Il en était à la deuxième ou troisième relecture d’un article posté sur son blog et consacré aux personnes introverties,  article qu’il n’avait fait que commenter par ailleurs, et qui lui avait valu un retour pour le moins inattendu de la part d’une lectrice. Rien de particulier pourtant dans ce billet pour mériter une telle volée de bois vert. *

«  Qu’est-ce que c’est que bordel » s’exclama-t-il tout aussi rageur que sa lectrice.

Cet article était, je cite : « incongru, indigne de lui et n’avait rien à faire sur ce blog » ! 

Marc se dit qu’elle devait être dérangée, ou ivre, ou encore aigrie. Ou les trois! Il laissa aller son esprit – chassez le naturel il revient au galop – et il trancha : in fine, elle n’avait sans doute rien compris! Point barre.

Néanmoins, toujours aussi diplomate dans les situations délicates, Marc se contenta d’une réponse courtoise, consensuelle. D’autant plus que ce billet semblait avoir la faveur de ses lecteurs puisqu’il dépassait de 95% les autres publications du jour. Dont acte! Pour lui, l’incident était clos.

Marc Brémont avait été lui aussi introverti et le restait probablement à la marge. Il avait longtemps souffert de ce « travers comportemental ». Il était de surcroit d’une timidité maladive. L’un n’allant pas sans l’autre. Ne jamais aller vers l’autre, ne jamais prendre la parole en public par peur du ridicule. Pas mieux avec les filles et plus tard avec les femmes.

A ce propos, sa relation sentimentale avec les femmes avait ceci de particulier que c’était toujours les femmes qui, in fine, décidaient qu’il était (enfin) temps de… passer à l’acte. A de rares exceptions près. Marc sourit car il se dit que sans ces femmes d’action, il serait encore puceau. Putain, grave! 

Il se remémore aussi très souvent cette phrase dites et répétée à l’envi par son directeur de formation au sein des Services secrets :  C’est grâce à cet homme, et il se reconnaitra s’il lit ces quelques lignes, et à ses nouvelles fonctions d’agent secret que Marc Brémont s’est finalement épanoui. Contraint et forcé, bon gré, mal gré! Disons « pour des raisons impérieuses de service ».

Il ne s’agissait plus pour Marc de prendre la parole et d’argumenter face à quelques personnes plus ou moins connues. Non, il devait s’exprimer dorénavant devant les plus grands de ce monde : ambassadeurs, Premiers ministres, ministres, prélats, chefs d’Etat, personnalités de la presse et du show biz…

Il devait aborder d’éminents responsables politiques sous des prétextes fallacieux, faire preuve d’empathie afin de créer une relation stable et durable, y compris avec des hommes et femmes peu fréquentables voire totalement détestables. Mentir, tricher, trahir, dérober, manipuler… tout ceci dans l’intérêt supérieur de la Nation. C’était désormais son job. Et faire la pute parfois, il aimait ça! Un job qui durera 23 ans.

Rien n’était facile pour Brémont qui n’éprouvait pas particulièrement de sympathie naturelle envers ses congénères, hommes et femmes encore une fois car, à son corps défendant, Marc était aussi du genre misogyne. Là aussi « à la marge ». Mais s’il avait fallu payer de son corps, toujours dans l’intérêt supérieur de la France, il se serait dévoué, sans coup férir.

Sa première affection en terre africaine restera à tout jamais gravée dans sa mémoire. Mais c’est une autre histoire.
Régis Ollivier

Introvertie, les 5 choses fausses que vous pensez savoir sur moi

 

Lettre de Kafka à son père

 Par Régis Ollivier le 12 avril 2014

 

En exclusivité aujourd’hui, je vous invite à découvrir une nouvelle « tranche de vie ».  Certains noms sont imaginaires, en revanche, les personnages de ce roman ou « les héros » comme il est de tradition de dire, ne le sont pas. Néanmoins, toute ressemblance avec d’autres personnages que les miens ne serait qu’une pure coïncidence. Bonne lecture. J’attends vos éventuels commentaires. //RO

 

images-1

 

Aujourd’hui, en la relisant, Marc Brémont en est certain,  cette lettre de Kafka à son père, il aurait pu l’écrire lui aussi à son propre père, son géniteur comme il préfère l’appeler et envers lequel sa détestation est toujours très forte. Ce père qui savait tout, qui avait tout vu, tout entendu du calvaire que sa seconde épouse lui faisait endurer à lui, Marc, le « demi haricot à genou » comme l’appelait son instituteur. Mais il n’a jamais rien fait pour y mettre un terme. Au contraire, il contribuait lui-même au martyre de ce fils chétif au caractère bien trempé. Ce comportement, Marc l’ignorait jusqu’à très récemment encore. C’est au cours d’une conversation avec son frère Michel que Marc a appris cette ignominie. Jusqu’à ce jour, il n’éprouvait pas de sentiment bien déterminé envers son père. Il avait conservé le souvenir d’un père plutôt jovial qui devait ignorer tout de ce qui se passait derrière son dos. L’alcool ne devait certainement pas améliorer sa clairvoyance. Et puis là, le choc! Terrible. En pleine tronche. Son père le martyrisait également.

Il se souvient parfaitement du jour où les coups de tisonnier ont remplacé les corrections physiques assénées par celle qui le détestait tant. Qu’avait-il  fait de si terrible à sa belle-mère ce jour là pour mériter un tel déchainement de violence ? Marc n’en a aucun souvenir. Sans doute était-il fautif. Il se rappelle seulement des coups qui s’abattaient sur lui, cloué au sol, recroquevillé pour se protéger. Ensanglanté.  Sans l’intervention musclé de son frère Alain, Marc en est persuadé, elle l’aurait probablement tué dans sa folie furieuse. Saisissant la marâtre à bras le corps, Alain lui intima l’ordre de prendre la fuite et d’aller se réfugier à la mairie. Marc traversa l’immense propriété à toutes jambes. Une course interminable sur ses frêles jambes meurtries comme le reste du corps.  Il en porte encore aujourd’hui les stigmates sur le crâne. Mais aussi au plus profond de lui-même.  Continue reading

« Older posts Newer posts »

© 2019 Tranches De Vie

Theme by Anders NorenUp ↑

%d blogueurs aiment cette page :