Tranches De Vie

Marc Brémont, sexygénaire, officier atypique en retraite, ancien de la Coloniale et de la DGSE, se raconte dans un style qui est le sien : brut de décoffrage

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Aucun enfant au monde ne devrait être privé de maman

Par Régis Ollivier le 27 mars 2014

 

En exclusivité aujourd’hui, je vous invite à découvrir une nouvelle « tranche de vie ».  Certains noms sont imaginaires, en revanche, les personnages de ce roman ou « les héros » comme il est de tradition de dire, ne le sont pas. Néanmoins, toute ressemblance avec d’autres personnages que les miens ne serait qu’une pure coïncidence. Bonne lecture. J’attends vos éventuels commentaires. //RO

 

Aucun enfant au monde ne devrait être privé de maman

 

« mon petit Jardin secret ».

 

POUR MAMAN …
Il y a plus de fleurs
Pour ma mère, en mon coeur,
Que dans tous les vergers;
Plus de merles rieurs
Pour ma mère, en mon cœur,
Que dans le monde entier;
Et bien plus de baisers
Pour ma mère, en mon cœur,
Qu’on en pourrait donner. Je T’aime MAMAN

Marc Brémont était scotché à son Imac devant cette magnifique photo et ce superbe poème qui l’accompagnait. Il était nostalgique. Mélancolique. Il avait reçu ce post peu de temps auparavant et l’avait partagé sur sa page Facebook en l’accompagnant d’un petit commentaire :

« je n’en ai jamais eu….. partie trop tôt ».  

Et il avait reçu cette non moins splendide réponse de sa grande amie Sissi :   

« aucun enfant au monde ne devrait être privé de maman ».

 

La disparition prématurée de sa mère constituait le plus grand malheur de sa vie. Et Dieu sait s’il en a connu d’autres des malheurs. Marc avait trois ans lorsque sa mère l’a quittée à tout jamais. Enfin presque, car à soixante ans, Marc voue un véritable culte à sa maman qu’il n’a donc jamais connue. Son seul trésor : une photo en noir et blanc qu’il a emportée partout dans le monde, à chacune de ses missions. Aujourd’hui encore, cette photo trouve sa place sur sa table de chevet. Il sourit malgré sa tristesse. Sophie, son épouse, avait trouvé que le cadre était trop désuet et lui avait fait la surprise. Un jour, il avait trouvé la photo de sa mère dans un tout nouveau cadre, blanc et gris, que Sophie venait de lui acheter. Adorable Sophie. Elle seule sait le drame intérieur qu’il vit et dont il ne s’est jamais totalement remis. Il a même laissé des directives pour que la photo de sa mère l’accompagne par delà la mort. Cette photo, c’est une très grande partie de sa vie. C’est tout ce qu’il possède de sa mère.

 

Marc le regrette profondément et culpabilise de n’avoir aucun souvenir de cette période. Pourquoi sa mémoire n’a t-elle rien conservé de cette tranche de vie ? Rien! Le néant. De la même manière, il ne connait pas avec certitude la cause du décès. Sa mère était une femme encore jeune, très jeune, mais elle avait connu de nombreuses grossesses. Trop selon Marc. Ainsi, il était le quatrième de la fratrie, il avait un autre frère derrière lui. Et aussi un demi-frère. Il lui est revenu que sa maman serait décédée en couches. Mais rien de certain. Etrangement, sa soeur ainée n’a jamais réellement souhaité communiquer sur cette tragédie. Marc se dit qu’il faudra, un jour, qu’il questionne sa soeur, au coeur du secret, et qu’elle lui fasse les révélations qui permettront de soulager sa conscience.

 

Que s’est-il passé dans le couple parental pour que Marc ait, en plus de ses frères et soeurs, un demi-frère, un certain Jean-René ? Il sait que Jean était le prénom du père de cet « intrus ». René étant le prénom que portait sa maman : Renée.

 

Ses parents devaient être séparés. Le père de Marc avait une réputation d’homme violent et alcoolique. Et Marc n’éprouve aucun sentiment à l’endroit de son géniteur. Ou plutôt si. Il éprouve une violente détestation de l’homme qui s’était remarié avec une femme d’origine algérienne qui l’avait martyrisé et quasiment laissé pour mort juste avant sa fuite du domicile familial. Tandis que son père, à l’occasion, achevait le travail de la marâtre par une volée de coups de pieds alors que Marc gisait au sol en position foetale de défense. Très souvent, pour le punir, sa belle-mère l’enfermait toute une journée dans sa chambre, plongée dans le noir le plus complet. Sans nourriture. Marc se souvient qu’il était obligé de boire sa propre urine. Sa « libération » intervenait juste avant le retour du travail de son père. Fumé comme à son habitude. Il a toujours occulté ces moments terribles par crainte qu’on l’accuse d’affabulation. Tout ceci est pourtant vrai. Tout ceci se terminera dans le sang. Grâce à une intervention de son frère ainé, Marc réussit donc à prendre la fuite à l’issue d’une séance de maltraitances encore plus sévères que les autres fois. Un tisonnier avait en effet remplacé les coups de poings et coups de pieds habituels. Marc trouva refuge à la mairie. Puis il fut placé en orphelinat. A partir de cet instant précis, Marc n’a plus aucun souvenir. Un pan entier de sa vie a totalement disparu de sa mémoire. Consciemment ou inconsciemment.

 

La famille sera éclatée. Il mettra plus de trente longues années pour retrouver son petit frère. Le dernier des Brémont. Quant à Jean-René, il n’en a plus jamais entendu parler. Aujourd’hui, Marc Brémont ne sait toujours pas où est enterré son père et ne veut pas le savoir.

 

Marc n’était pas un enfant particulièrement calme. Est-ce ce trait de comportement qui a motivé ce déferlement de violences à son endroit ? Peut-être. Dans ce cas, il serait en partie responsable de son malheur. C’est ce qu’il pense. C’est ce qu’il croit…..

 

 

 

 

 

Marc et Sophie

Par Régis Ollivier le 25 mars 2014
Par Régis Ollivier le 25 mars 2014

 

En exclusivité aujourd’hui, je vous invite à découvrir une nouvelle « tranche de vie ».  Certains noms sont imaginaires, en revanche, les personnages de ce roman ou « les héros » comme il est de tradition de dire, ne le sont pas. Néanmoins, toute ressemblance avec d’autres personnages que les miens ne serait qu’une pure coïncidence. Bonne lecture. J’attends vos éventuels commentaires. //RO

 

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Marc est aux anges. Sophie vient de lui déposer sur ses lèvres un discret baiser d’amour pour l’extirper du sommeil profond dans lequel il était plongé. Ce n’est pas le matin. C’est la sacro sainte sieste que Marc s’accorde chaque jour. La chambre est plongée dans l’obscurité totale (son médecin lui déconseille pourtant fortement) et les bouchons d’oreilles sont profondément enfoncés. Marc et Sophie forment un vieux couple déjà. Trente cinq ans de bonheur. Partagés de hauts et de bas. La vie n’est pas un long fleuve tranquille se dit-il souvent. Il existe entre eux un très grand amour mais aussi beaucoup de tendresse. La tendresse bordel! c’est important. Sophie est un petit brin de femme adorable avec sept ans de moins que Marc.

Marc a rencontré Sophie par hasard en région parisienne en 1979. Il rentrait d’un séjour de deux ans passés dans les troupes d’élites du 5ème RIAOM à Djibouti. Le bac à sable de l’armée française comme les journalistes se complaisent à le dire et à l’écrire. En effet, les soldes, à l’époque, y étaient très confortables. Jeune sergent, Marc partageait une chambre avec un bon ami, Jacques. Il avait fait la connaissance de l’épouse de Jacques à l’occasion d’un séjour qu’elle avait effectué sur place.
C’est au domicile de Ghislaine, -le prénom lui revient à l’instant-, que Marc remarqua du balcon ce superbe brin de fille qui entrait dans le même immeuble que celui de Ghislaine. Pas très grande, un peu boulotte sur les bords se disait Marc, les joues potelées et roses. Ce fut un quasi coup de foudre. D’autant plus rapide que Sophie habitait chez ses parents au même étage que son amie. Les deux femmes se connaissaient et s’appréciaient. Ghislaine proposa donc de lui présenter sa jolie voisine. Marc s’en souvient comme si c’était hier.
Le premier contact avec Sophie ne se déroula pas exactement comme Marc l’avait imaginé, espéré, souhaité. Sophie n’est pas tombé d’emblée dans les bras de Marc. Il faut dire qu’en voulant chasser une misogynie sous-jacente, Marc s’est plutôt placé en position de macho lors de cette première rencontre. Qu’à cela ne tienne. Il la reverrait coûte que coûte.
A l’occasion de confidences, et avant la rencontre de ce jour, Ghislaine lui avait en effet confié que Marc, lors de son séjour à Djibouti, vivait « à la colle » avec une vieille qui aurait pu être sa mère. Ce qui était vrai. D’où peut être le regard inquisiteur que Sophie posait sur Marc à l’occasion de cette présentation.
C’était son époque un peu folle à Marc. Celle où il grimpait sur tout ce qui passait à sa proximité. A l’époque, on aurait dit « un queutard »….. ! Comme quoi, on l’est tous un jour. Plus ou moins. Suivez mon regard. Marc au moins effectuait ses visites galantes en voiture, lui. Pas comme ce guignol de François Hollande qui va mettre à jour son carnet de tirs en scooter.
Mon Dieu, se dit-il, il s’en passait à Djibouti. Cette vieille folle qui picolait plus que lui, et c’est peu dire, il avait du la quitter en cachette, se barrer en catimini tellement elle lui pompait son fric en alcool, pour un résultat au lit bien décevant. En plus, elle refoulait du goulot. Un jour, il a donc décidé de se casser. Ce qui lui valu quelques ennuis car la guéparde est allé se plaindre à son chef, un capitaine, à qui elle raconta que Marc l’avait cambriolé avant de prendre la clé des champs. Quelle garce se dit encore Marc. La prochaine fois, il ira aux putes!
En parlant de prostituées, celles-ci étaient omniprésentes dans sa vie sur place. Surtout lors de son premier séjour à Djibouti, de 1971 à 1973. La chaleur sans doute. Marc était alors âgé d’à peine dix neuf ans. Il se souvient parfois avec horreur des bouges les plus infâmes qu’il avait fréquentés. Son pire souvenir reste celui d’une « nuit d’amour » où, complètement fumé, il avait récupéré bien tardivement une belle jeune femme sous un réverbère diffusant une lumière blafarde. Il en avait été surpris car, vue l’heure à laquelle il s’était mis en chasse, trouver une telle créature relevait de la chance, de la bonne étoile. Hélas! Marc en tremble encore. Il avait passé la nuit chez elle, dans un bouge tout aussi infâme  et s’était réveillé quelques heures plus tard, à peine dégrisé, avec une vision apocalyptique. La fée s’était transformée en une horrible créature ridée de partout. Marc avait pris ses jambes à son cou. Durant des jours et des nuits, il a cauchemardé. Une seule question le hantait «  Putain! pourvu que je ne lui ai pas fait la totale » se disait-il en regardant sa langue dans le miroir…..
La langue est restée bien en place et Marc jura, mais un peu tard, qu’on le l’y prendrait plus. Ce qui ne l’empêcha de tomber dans les griffes de cette vieille cougarde à l’occasion d’un autre séjour dans cette Corne de l’Afrique pleine de surprises.
Quelle chance il avait eu de rencontrer Sophie. La relation allait en s’améliorant. Sophie était âgée d’un peu plus de dix neuf ans. Marc lui en affichait déjà vingt-six. Et puis Marc n’était pas pressé. Il n’était plus du genre à coucher le premier jour. Il voulait faire le tour du propriétaire en quelque sorte. Il s’était assagi. Qui va doucement va sûrement.
Sophie présenta Marc à ses parents. Une relation qui ne fut pas de tout repos s’instaura avec une mère disons particulière et un père anti-militariste, toujours entre deux vins. La relation se détériora tellement vite que six mois plus, Marc et Sophie choisirent de se marier et d’aller vivre dans l’appartement de Marc à Chantilly. A vingt ans et vingt sept ans, Marc et Sophie décidèrent de s’unir pour le meilleur et pour le pire. Les mauvaises langues prédirent un mariage qui ne durerait pas plus de six mois.
Le pire est passé et trente cinq ans se sont écoulés. Marc est encore plus amoureux de Sophie qu’au premier jour. Elle lui donnera quatre superbes enfants.

Marc Brémont est une Vierge pure Vierge.

   Par Régis Ollivier le 24 mars 2014
Par Régis Ollivier le 24 mars 2014

 

En exclusivité aujourd’hui, je vous invite à découvrir ma seconde « tranche de vie ».  Certains noms sont imaginaires, en revanche, les personnages de ce roman ou « les héros » comme il est de tradition de dire, ne le sont pas. Néanmoins, toute ressemblance avec d’autres personnages que les miens ne serait qu’une pure coïncidence. Bonne lecture. J’attends vos éventuels commentaires. //RO

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Dernier de la fratrie, Amaury Bremont est à la fois la fierté et le désespoir de son père. Quasiment élevé sur les genoux de sa soeur devant un ordinateur, Amaury est un génie de l’informatique. Il est tombé dedans tout enfant. Hélas pour son père, qui eut préféré qu’il le soit un peu moins et un peu plus dans ses études traditionnelles. Nous y reviendrons.

Ainsi donc, c’est officiel, le vol MH370 s’est abîmé dans l’océan Indien du Sud, à l’ouest de Perth, la grande ville de la côté occidentale australienne. Marc Brémont pour sa part n’en a jamais douté. Trop d’hypothèses ont été émises par trop de pseudo-spécialistes en aviation, en fonds marins, en terrorisme…… Même les services secrets qui étaient sur le coup ne sont pas parvenus à localiser l’appareil sur un quelconque aéroport dans le monde. Faut pas déconner quand même se dit Brémont. Ca lui faisait penser à cette pub où le mec croit que la nana l’invite à tirer un coup alors qu’elle lui propose juste de boire un coup et de conclure « Hey! What did you expect? ». Et vous, vous vous attendiez à quoi pour cet avion? Qu’est-ce qu’ils sont nazes tous ces gens.
Planté devant son Imac, Marc repense une fois de plus à son tout début de matinée. 4 h 30 du matin comme d’habitude. La galère dit-il. Car cela fait dix-huit mois qu’il a cessé toutes ses activités professionnelles qui l’amenaient bien souvent à faire des semaines de soixante dix heures. Réveil à 4h00 pour être à 6h00 à son bureau du Boulevard Mortier. Il s’en plaignait parfois mais il adorait ce job. Et donc depuis, l’horloge interne est restée bloquée sur ces horaires. Il a bien essayé les somnifères mais il a tout abandonné car ceux-ci étaient inefficaces. Une autre chambre est bien disponible mais après trente cinq de vie commune et surtout à se tenir par la main toute la nuit avec Sophie, une telle hypothèse n’est guère envisageable pour Marc. Alors, finalement, tous les deux s’accommodent de ces petits désagréments. De plus le Colonel est un homme discret et prévenant. Une petite lampe de poche, un petit café au lit pour Sophie deux heures plus tard et le tour est joué.
Ce matin, de bonne heure et donc de mauvaise humeur, Marc découvre un SMS de son fils ainé qui l’informe que « le tocard de droite a emporté la mairie » de sa commune. Médusé le Marc. Il n’en croit pas ses yeux. Un coup d’oeil rapide sur sur Google pour avoir la confirmation de ce qu’il croyait improbable. Ce n’était pas tant la victoire du candidat UDI/MODEM/UMP qui le chagrinait mais plus le fait qu’il s’était planté grave dans ses analyses. Il n’aurait pas misé un centime d’euro sur l’impétrant auto-parachuté. Putain! il était vert de rage. Tout comme le maire PS sortant qui n’a rien vu venir. Enfin, ce qui est pris n’est plus à prendre. Et puis pour le perdant, il n’avait qu’à pas bétonner autant cette ville pour y accueillir autant d’étrangers.
Fort heureusement pour Marc, les informations diffusées par BFM le remplissent de joie. Putain, une claque magistrale pour les socialistes. Une vague bleue envahie la France et l’UMP parvient également à faire un très bon score malgré le triste spectacle qu’il nous a infligé depuis plusieurs mois. Qu’à cela ne tienne, se dit-il! C’est bien fait pour leurs gueules à ces socialistes.
Hier soir, il avait opté pour son lit plutôt que de regarder ce spectacle affligeant des uns et des autres en train de se bouffer le nez à propos des premiers résultats . « Nous avons perdu mais en fait, nous avons gagné, vous avez gagné mais vous avez perdu, laissez-moi terminer, je ne vous ai pas interrompu ». Et Mélenchon qui quitte le plateau avant même la fin des débats. Quel spectacle ses hommes et femmes nous donnent de la politique en France. Tout ceci est pitoyable se dit-il chaque jour qui passe.  S’il en est un que Marc ne peut pas voir en peinture, c’est bien le Désir. La nausée. Mais il y en a d’autres! Le Valls, la Taubira, Vincent Peillon, et même ce faux-cul de président de l’Assemblée nationale….. Le seul qui trouve grâce à ses yeux reste le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Les journalistes ne valent guère mieux selon lui. Idem à droite où les cons sont aussi légion.
D’ailleurs, à cause de tout ça, il ne regrette pas d’avoir quitté l’équipe politique du nouveau maire de la commune. Lui, ce qu’il voulait, c’était être tête de liste ou rien du tout. Ce sera finalement rien du tout. De toute manière, il n’est pas fait pour la politique. Son truc à lui, c’est à la fois la diplomatie, l’espionnage, et pour finir la guerre….. quand les deux autres ont montré leurs limites. Etrange destin pour un homme comme lui qui abhorre le mensonge et l’infidélité au sens très large. Avec ses points forts et ses points faibles. D’ailleurs, il préfère ces mots à ceux couramment utilisés tels que qualités et défauts. Et puis Marc s’en fiche car il sait parfaitement que les gens soit l’apprécient, soit  le détestent. Pas de milieu. Ca le fait sourire.  « Marc est con »! Oui! C’est vrai, parfois Marc est un gros con. Mais il faut le prendre comme il est. C’est ce qui fait son charme. Et puis lui aussi, qui est fidèle en amitié et en amour, Il aime ou il déteste. C’est la vie.

Mais c’est quoi ce bordel se dit-il !

Publié par Régis Ollivier le 21 mars 2014                                                                                                                                                                                                 
Par Régis Ollivier le 21 mars 2014

 

En exclusivité aujourd’hui, je vous invite à découvrir ma toute première « tranche de vie ».  Certains noms sont imaginaires, en revanche, les personnages de ce roman ou « les héros » comme il est de tradition de dire, ne le sont pas. Néanmoins, toute ressemblance avec d’autres personnages que les miens ne serait qu’une pure coïncidence. Bonne lecture. J’attends vos éventuels commentaires. //RO

 

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Marc Brémont en était persuadé : ces putains d’américains allaient bien nous déclencher une troisième guerre mondiale. Qu’est-ce qui leur a pris d’aller chatouiller le trou du cul de Vladimir Poutine. Obama et François Hollande, même combat. Et l’autre hollandouille qui suit comme un caniche. Putain, c’est bien pitoyable tout ça!

 

Marc Brémont en est conscient. Il faudrait qu’il surveille un peu plus son langage. Mais il sait que c’est peine perdue. Sa femme, Sophie, ne cesse de le lui répéter. Enfin un peu moins souvent il est vrai depuis qu’il est à la retraite. Pas une phrase qui ne commence ou se termine par putain. Lui, il appelle ça de la déformation professionnelle. Officier supérieur de la Coloniale désormais à la retraite, il a passé 43 années de sa vie au sein de l’institution. Vingt années dans les unités combattantes mais aussi et surtout vingt-trois ans au sein du nec plus ultra des services secrets français, la Piscine. Les plus grands moments de sa vie professionnelle. Mais de fait, notre lieutenant-colonel sexygénaire comme il aime lui même se définir, sous forme de plaisanterie, a embrassé cette carrière à 17 ans, comme simple soldat pour prendre son chapeau mou aux environs de la soixantaine. Alors il en reste quelque chose. Comme on dit, « chassez le naturel, il revient au galop ». Et lui, Marc, il se veut naturel, brut de décoffrage. Il ne faut pas lui marcher sur les pieds et, surtout, il n’est pas du genre à tendre l’autre joue mais plutôt à faire du rentre-dedans. Bref! il ne faut pas le faire chier…..

 

Tout en poursuivant son footing matinal autour du lac du Carrouge, Marc ne parvient pas à faire le vide dans sa tête avec cette histoire de lettre, de tribune fracassante que l’ex-président, Nicolas Sarkozy, vient d’adresser aux Français dans Le Figaro. Pour lui, Sarkozy a eu raison de rentrer dans le lard de ces connards de socialistes. Pas un pour relever l’autre. Et l’autre con de Désir qui gueule comme un demeuré et qui dénonce « l’attaque inouïe » de Nicolas Sarkozy contre les institutions françaises. Putain, mais quel gros naze ce mec. Le simple fait d’évoquer son nom lui donne la nausée à Marc.

 

Putain! Tout allait plutôt bien dans sa vie jusqu’à ce jour incroyable de 2012 où le pouvoir a basculé à gauche. Et pas n’importe quelle gauche! Non, celle incarnée comme un ongle par François Hollande. La pire de toute! Déjà en 1981, il avait ressenti ce même sentiment de dégout avec l’élection de François Mitterrand. L’année même de la naissance de son premier enfant. Ca marque c’est indéniable. Mais avec le recul, Marc Brémont se dit que Mitterrand était d’un tout autre calibre que le Flamby. Ca le faisait sourire ce surnom. Pour sa part, il ne l’utilisait jamais dans ses écrits. Par respect sans doute pour la fonction. Il lui préférait Pépère que l’un de ses meilleurs amis virtuels utilisait sur Twitter. Mais bon, tu parles d’un pépère…… Toujours la braguette ouverte, toujours le pantalon baissé sur les godasses, en érection, prêt à grimper sur tout ce qui passe à proximité de lui. Putain, un vrai queutard le pépère. D’ailleurs, il en était tombé sur le cul Marc lorsqu’il a appris les frasques sexuelles du chef de l’Etat. Parce qu’il fallait bien l’appeler par sa fonction dans ce cas précis, pour mieux marquer le coup, pour mieux enfoncer le clou de la connerie du premier magistrat de ce pays partant mettre à jour son carnet de tir, avec son petit scooter, son petit casque, son petit baise-en-ville, sa petite bite……. Pour Marc Brémont, qui imagine le spectacle, cette situation est pitoyable. La risée du monde entier. Une France bafouée, défigurée. Voila ce qui reste de la France qu’il a tant aimée.

 

Marc s’essuie d’un revers de la main le front marqué par la transpiration. Même le climat est bouleversé. « La faute à Hollande »  aime-t-il dire.

En fait, il en a vraiment ras-le-bol de cette France de merde. Il aimerait bien se casser ailleurs, oui mais voilà! où aller poser ses valises? C’est ça la grande question. Et puis surtout, il y a les enfants et les petits-enfants qu’ils adorent sa femme et lui. 4 enfants, et 4 petits-enfants que lui veut voir grandir. Les prendre dans ses bras…. Sans compter son dernier fils,  » le petit dernier » comme il dit. 14 ans, l’âge ingrat. Et puis sa femme Sophie mais lui aussi ne veulent pas aller s’enterrer dans un coin perdu de la Normandie qu’ils adorent. Alors Marc en fait son deuil. Ils resteront dans cette commune de merde, gérée depuis douze années par les socialistes qui auront poussé à 30% le nombre de logements sociaux. Tout Evry, tout les Tarterêts,  tout Grigny…… qu’il y a ramené le maire. Putain, fait chier!

 

Tiens, dimanche, il va aller voter pour les municipales. . Il n’y a même pas de liste du Front National. Juste deux listes, celle du maire socialiste sortant et probablement rentrant, et une autre liste d’une droite hétéroclite sans véritable projet, emmenée par un mec auto-parachuté, certes sympathique, mais looser et surtout qui n’a rien à faire chez nous. Une chose est certaine, Marc ne donnera jamais sa voix à un mec parachuté, fut-il de droite. Il regrette surtout que le FN n’ait pas présenté de liste. Son vote sanction à lui, c’eut été de voter Front National. Non mais c’est vrai! C’est quoi ce souk, on n’a jamais vu autant de « tenues traditionnelles » dans cette commune. Il en était persuadé, au moins multipliée par dix la pression migratoire. Il suffisait pour s’en convaincre de jeter un oeil dans la gazette de la mairie au chapitre des mariages et des naissances. «

 

« Raciste, moi jamais » tentait-il de se convaincre, sans succès.

 

Bon, là, Marc se dit qu’il va lui falloir abréger son footing et rentrer car en plus d’être à la retraite, il est aussi et surtout homme au foyer. Madame, plus jeune que Monsieur travaille encore et leur geek de fils va au collège. Il se demande d’ailleurs bien pourquoi parce que l’adolescent ne brille guère dans les études. A son grand dam. Son grand désespoir. Putains de mômes! Font chier…….

A suivre

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