Marc Brémont – Le 30 mars 2019

Je n’ai pas particulièrement d’atomes crochus avec les Algériens mais il faut, pour le comprendre, revenir quelques décennies en arrière, dans une autre ‘tranche de vie ». Pour faire court, il est des blessures qui ne cicatriseront jamais chez moi, et ce depuis mon plus jeune âge, lorsqu’une belle-mère algérienne, à force de subir ses coups, me laissa quasi mort au sol du domicile familial. Une situation qui me valu quelques années au sein de l’Assistance publique, en orphelinat. Et comme je suis plutôt du genre « ni pardon, ni oubli » et encore moins absolution, rien n’est en apparence visible aujourd’hui. Mais ce n’est pas le propos.

Cela étant posé, je compare, par pure provocation, la situation algérienne à celle qui prévaut actuellement en France, même si comparaison n’est pas raison.

Ainsi donc, depuis plusieurs semaines maintenant, des centaines de milliers de manifestants algériens se retrouvent dans la rue, le vendredi, pour crier leur colère pacifiquement au pouvoir algérien dont ils ne veulent plus. Sans que cela ne dégénère en guérilla urbaine.

L’attitude des algériens force mon admiration et change également mon regard sur ce pays. A ce stade, ils font preuve, et je l’avais déjà souligné, d’une très grande maturité politique. Mais quel sera le prochain stade ?

Loin de moi l’idée de porter un jugement sur la situation politique en Algérie. Les Algériens sont les maitres de leur destin, et cette destinée doit se réaliser sans aucune ingérence extérieure, et surtout pas celle de la France.

Néanmoins, j’estime que le pays doit désormais sortir très rapidement de cette crise politique avant qu’elle ne se transforme en « Printemps algérien » avec, en corollaire, toutes les dérives que cela suppose.

Je souhaite beaucoup de courage au peuple algérien pour la suite des événements et engage vivement, les uns et les autres, chez nous en France, à en prendre de la graine.