Tranches De Vie

Marc Brémont, sexygénaire, officier atypique en retraite, ancien de la Coloniale et de la DGSE, se raconte dans un style qui est le sien : brut de décoffrage

« Ce monde de merde » est fichu.

Par Régis Ollivier le 25 août 2015

Une publication lecolonel.net

 

En exclusivité aujourd’hui, je vous invite à découvrir une nouvelle « tranche de vie ». Certains noms sont imaginaires, en revanche, les personnages ne le sont pas. Néanmoins, je veux croire que toute ressemblance avec d’autres personnages que les miens ne serait qu’une pure coïncidence. Bonne lecture. //RO

 

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Marc Brémont ouvrit un oeil, s’appuya sur un coude et regarda le réveil. Il était trois heures trente et cela faisait déjà quinze bonnes minutes qu’il tournait et se retournait sur lui-même dans son lit. Il décida d’emblée qu’il n’ouvrirait pas l’autre oeil et reprit place sur l’oreiller. Tout comme il décida, mais en fait il l’avait décidé la veille avant d’aller se coucher, de ne pas s’emparer de son Iphone 5s éteint et glissé sous son lit (pour mieux le saisir à son réveil, il va sans dire). C’était devenu une habitude. À peine l’oeil ouvert, et ce quelle que soit l’heure de son réveil, la première chose qu’il fait est de mettre en route son portable afin d’y vérifier en tout premier lieu les statistiques de son blog. Puis il passe sur ses deux comptes Twitter, puis sur ses deux comptes Facebook pour finir sur sa boite mail qui regorge déjà de tous les mails (et malheurs) de la nuit. Difficile après ça de retrouver le sommeil.  Cette fois-ci, il tint sa promesse même si la pression psychologique était forte. Ce qui lui permit effectivement de se rendormir, blotti contre son épouse qui s’était à peine éveillée.

Un répit de deux heures. Cette fois, à cinq heures trente, il ouvrit les deux yeux et le plus discrètement possible, après avoir chaussé ses lunettes et sa lampe de poche à manivelle à la main, il entreprit sa descente vers la cuisine afin de se faire couler un café, non sans avoir auparavant accordé une caresse à Chipie sa jeune chienne Carlin.  Retour tout aussi discret dans son lit. Marc enlace tendrement son épouse avant de se rendormir pour la seconde fois.

Il avait néanmoins eu le temps de constater que la tempête qui avait touché la France toute la journée d’hier s’était calmée. Des vents violents de près de 100 km/heure accompagnés de pluies torrentielles l’avaient quasi-contraint à rester enfermé. Sortir la chienne n’avait pas été une mince affaire. Un temps de merde.

Il n’osait pas imaginer la situation qui devait prévaloir à Deauville et sur le littoral normand en général. Marc Brémont était tombé amoureux de cette magnifique station balnéaire il y a plus d’une décennie et il ne ratait jamais une occasion de s’y rendre en vacances. Tout comme il ne ratait jamais un détour par Honfleur et ses nombreuses galeries d’art qu’il appréciait tout particulièrement.

Deauville a aussi une autre particularité qui ne le laisse pas insensible : Il n’y a quasiment pas de présence issue de l’immigration à outrance comme celle qui lui crève les yeux chaque jour qu’il passe dans sa commune de résidence. Pour dire vrai, il en a ras-le-bol, doux euphémisme pour dire en fait qu’il en a « plein le cul »… 35% de logements sociaux et ce n’est pas terminé. Résultat désastreux de deux mandats socialistes consécutifs. La droite l’a emporté mais hérite de ce fardeau.

Marc Brémont le reconnait, il est un anti-socialiste primaire, voire primitif. Son dégout du Parti Socialiste est immense.

Ce matin, alors qu’il écoutait les informations sur Antenne 2, une « grue » était en train de parler de lampes et de radiateurs gratuits que les français pourraient récupérer en échange de vieilles lampes et de vieux radiateurs électriques énergivores. Sans ses lunettes, Marc ne parvenait pas à mettre un nom sur cette femme. Il s’agissait en fait de Ségolène Royal. Lui et son épouse étaient consternés par les propos de cette ministre de la République qui prétendait même accéder à la magistrature suprême du pays. Voila à quoi était payée cette ministre. À faire dans les vieilles lampes et les vieux radiateurs. Si ça ce n’est pas du foutage de gueule se dit-il!

Sans faire de classement précis, Marc Brémont avait quand même dressé une liste des socialistes qu’il abhorrait. Étrangement, il ne plaçait pas le chef de l’État en tête de liste car pour lui, l’arrivée au pouvoir de François Hollande était accidentelle. Une erreur de casting monumentale. Bon à rien et mauvais à tout. Il n’a rien vu venir. En revanche, celle qui figure sur la marche la plus haute du podium est Christiane Taubira. Rien que d’évoquer son nom lui donne envie de vomir. Ensuite, dans le désordre, Manuel Valls qui est un grand dictateur malade, Bernard Cazeneuve qui est dépassé par les évènements, le pauvre Michel Sapin. Les autres sont quasiment inexistants et il ne connait même pas leurs noms. Le seul qui trouve grâce à ses yeux, ce qui fait parfois hurler ses amis, c’est Jean-Yves Le Drian. Celui qui se tire les doigts pour les militaires, même s’il aurait pu faire mieux. Et puis, il y a le fameux Cambadélis dégoulinant de suffisance. Ainsi que l’autre sur son perchoir de l’Assemblée nationale, le Sieur Claude Bartolone. Harlem Désir et consorts. Quelle équipe de bras cassés. Mais quelle équipe! se dit Marc.

Il n’en suffisait pas plus pour que Marc soit d’humeur ronchon. C’était d’ailleurs son surnom chez lui : Monsieur Ronchon. De fait, il râle tout le temps. Lui dit que c’est signe de bonne humeur. Mais la bonne humeur, il faut en réalité la chercher. Marc Brémont estime que « ce monde de merde » est fichu. Les Américains, les Russes, l’Europe, les migrants, les conflits de par le monde, les bourses qui chutent… En parlant de bourses, non rien!

Et puis cette retraite qui n’arrange rien à son moral. Et surtout, surtout  cette gauche au pouvoir. Putain encore deux ans. Marc se dit qu’avec le bol qu’on a, François le 1er va bien nous faire un second mandat. De quoi se l’attraper et se la mordre jusqu’en 2017.

 

 

 

2 Comments

  1. Régis Ollivier

    26 août 2015 at 12:34

    Ne parlons de podium alors mais de guillotine 🙂

  2. Isabelle Mazan

    25 août 2015 at 22:03

    Podium? Je les vois plutôt comme des silhouettes dans un stand de tir. Clandestin, le stand, sinon c’est la paille humide des cachots.
    Valls est un petit caudillo probablement shooté. Et l’autre c’est Cazevide ou Casenase. And the winner is…le chikungunya.

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