Par Régis Ollivier le 27 août 2015

Une publication lecolonel.net

 

En exclusivité aujourd’hui, je vous invite à découvrir une nouvelle « tranche de vie ». Certains noms sont imaginaires, en revanche, les personnages ne le sont pas. Néanmoins, je veux croire que toute ressemblance avec d’autres personnages que les miens ne serait qu’une pure coïncidence. Bonne lecture. //RO

 

Les autoroutes allemandes ont ceci de formidable, c’est qu’elles ne sont pas limitées en vitesse. Marc Brémont a quitté Offenbourg de bon matin et sa puissante berline avale les kilomètres qui le conduiront à Trier. Filant à près de 180 km/h, il reste médusé par ces bolides allemands qui le dépassent sur une autoroute quasi-déserte.

Marc est au summum de sa colère. Jamais il n’aurait pensé que son séjour auprès de son amie Jocelyne allait prendre une telle tournure.  Car il faut vraiment être con pour jeter de son lit une jeune femme qui vient de s’y glisser avec la ferme intention de ne pas s’endormir à vos cotés. Une situation tout à fait inattendue et surprenante pour lui et à laquelle il a répondu par l’absurde.

La journée précédente s’était pourtant déroulée de manière très agréable, partagée avec les nombreux amis. Entre rires, agapes et bons vins. Et Marc avait toujours la ferme intention de se glisser dans les bras de sa dulcinée. Mais il doit reconnaitre que celle-ci n’avait jusque là pas donné le moindre signe d’ouverture, que ce soit l’ouverture de sa chambre ou celle du fruit défendu. Sur ce coup là, Marc semblait ne pas être à la hauteur. Depuis des mois que cette relation durait, pas la moindre main dans le soutien-gorge ou dans la petite culotte de Jocelyne. Pas le moindre bout de doigt flirtant dans son intimité. De l’inédit dans sa vie sexuelle. 

Il en était toujours à se demander comment il allait s’y prendre. En fait, Marc ne voulait pas le reconnaitre ouvertement mais il faisait un blocage. 

Après une soirée bien arrosée entre amis, Marc et Jocelyne sont rentrés tranquillement et, tout en sagesse, chacun a rejoint sa chambre. À vrai dire, il n’était pas au meilleur de sa forme et l’heure tardive le prédisposait plus à un endormissement rapide qu’à un corps à corps.

Que c’est-il donc passé dans la tête de Jocelyne pour que celle-ci débarque de bon matin, quasi-nue dans la chambre de Marc? La surprise fut un véritable choc pour lui qui dormait encore à moitié. 

Une porte qui s’entrouvre, Jocelyne apparait en mini nuisette transparente qui laisse voir très nettement ses deux adorables seins en forme de poire et une minuscule toison noire sur le bas-ventre. Sans crier gare, Jocelyne se dirige vers le lit en agitant sa croupe et se glisse d’autorité sous les draps. Mais que c’est-il donc passé également dans la tête de Marc pour que celui-ci manifeste une telle mauvaise humeur et rejette vivement celle qui venait s’offrir à lui. La pauvre fille s’en est donc allée totalement dépitée et surtout vivement frustrée et blessée au fond d’elle-même.

Au volant de sa berline, Marc est furieux. « Mais quel con, putain! Mais quel con tu es…! ». 

Sans être tendue, la journée n’a guère été agréable et Marc pensait qu’il pourrait rattraper cette situation calamiteuse au cours de la soirée qu’ils avaient prévue de passer avec des amis en boite. Peine perdue.

Jocelyne, en femme humiliée, a mis à profit cette soirée pour tomber dans les bras du premier venu au nez et à la barbe de Marc tout autant humilié. Il avait du passer la nuit chez une amie qui avait bien voulu l’héberger.

Marc n’avait plus rien à faire à Offenbourg et avait décidé de rallier Trier de bon matin.

Mais que diable c’est-il passé dans la tête de Brémont? 

Marc pense tenir la réponse. Jocelyne, dans sa jeunesse avait entretenue une relation régulière avec un étudiant sénégalais qui lui a fait un enfant avant de la quitter pour rentrer au pays. De fait, Marc était obnubilé par cette liaison et, connaissant la morphologie des Sénégalais qui ont parfois le membre qui leur arrive jusqu’au genou, avait craint de la part de Jocelyne à une comparaison hasardeuse et humiliante avec sa propre morphologie.

Ainsi va la vie. Marc Brémont est un con. Aujourd’hui encore, Marc se demande comment il a pu être aussi stupide pour rater une telle occasion.

 

Ainsi se termine cette trilogie avec comme morale : « mieux vaut en avoir une longue et fine qui passe partout qu’une grosse qui reste bloquée au portillon ».