Par Régis Ollivier le 18 août 2014 

En exclusivité aujourd’hui, je vous invite à découvrir une nouvelle « tranche de vie ». Certains noms sont imaginaires, en revanche, les personnages ne le sont pas. Néanmoins, je veux croire que toute ressemblance avec d’autres personnages que les miens ne serait qu’une pure coïncidence. Bonne lecture. Je vous remercie par avance pour vos éventuels commentaires. //RO

Tranches de vie Tryptique gerardlesoeur.info

Tranches de vie Tryptique
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S’il est une chose dont Marc Brémont a horreur, c’est que l’on vienne lui chatouiller le fondement. Et c’est justement ce qui vient de se produire.

Il en était à la deuxième ou troisième relecture d’un article posté sur son blog et consacré aux personnes introverties,  article qu’il n’avait fait que commenter par ailleurs, et qui lui avait valu un retour pour le moins inattendu de la part d’une lectrice. Rien de particulier pourtant dans ce billet pour mériter une telle volée de bois vert. *

«  Qu’est-ce que c’est que bordel » s’exclama-t-il tout aussi rageur que sa lectrice.

Cet article était, je cite : « incongru, indigne de lui et n’avait rien à faire sur ce blog » ! 

Marc se dit qu’elle devait être dérangée, ou ivre, ou encore aigrie. Ou les trois! Il laissa aller son esprit – chassez le naturel il revient au galop – et il trancha : in fine, elle n’avait sans doute rien compris! Point barre.

Néanmoins, toujours aussi diplomate dans les situations délicates, Marc se contenta d’une réponse courtoise, consensuelle. D’autant plus que ce billet semblait avoir la faveur de ses lecteurs puisqu’il dépassait de 95% les autres publications du jour. Dont acte! Pour lui, l’incident était clos.

Marc Brémont avait été lui aussi introverti et le restait probablement à la marge. Il avait longtemps souffert de ce « travers comportemental ». Il était de surcroit d’une timidité maladive. L’un n’allant pas sans l’autre. Ne jamais aller vers l’autre, ne jamais prendre la parole en public par peur du ridicule. Pas mieux avec les filles et plus tard avec les femmes.

A ce propos, sa relation sentimentale avec les femmes avait ceci de particulier que c’était toujours les femmes qui, in fine, décidaient qu’il était (enfin) temps de… passer à l’acte. A de rares exceptions près. Marc sourit car il se dit que sans ces femmes d’action, il serait encore puceau. Putain, grave! 

Il se remémore aussi très souvent cette phrase dites et répétée à l’envi par son directeur de formation au sein des Services secrets :  C’est grâce à cet homme, et il se reconnaitra s’il lit ces quelques lignes, et à ses nouvelles fonctions d’agent secret que Marc Brémont s’est finalement épanoui. Contraint et forcé, bon gré, mal gré! Disons « pour des raisons impérieuses de service ».

Il ne s’agissait plus pour Marc de prendre la parole et d’argumenter face à quelques personnes plus ou moins connues. Non, il devait s’exprimer dorénavant devant les plus grands de ce monde : ambassadeurs, Premiers ministres, ministres, prélats, chefs d’Etat, personnalités de la presse et du show biz…

Il devait aborder d’éminents responsables politiques sous des prétextes fallacieux, faire preuve d’empathie afin de créer une relation stable et durable, y compris avec des hommes et femmes peu fréquentables voire totalement détestables. Mentir, tricher, trahir, dérober, manipuler… tout ceci dans l’intérêt supérieur de la Nation. C’était désormais son job. Et faire la pute parfois, il aimait ça! Un job qui durera 23 ans.

Rien n’était facile pour Brémont qui n’éprouvait pas particulièrement de sympathie naturelle envers ses congénères, hommes et femmes encore une fois car, à son corps défendant, Marc était aussi du genre misogyne. Là aussi « à la marge ». Mais s’il avait fallu payer de son corps, toujours dans l’intérêt supérieur de la France, il se serait dévoué, sans coup férir.

Sa première affection en terre africaine restera à tout jamais gravée dans sa mémoire. Mais c’est une autre histoire.
Régis Ollivier

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