Le 22 novembre 2020

Cet après-midi, tandis que je vaquais à quelques occupations dans mon jardin encore ensoleillé, j’entendais, sans trop y prêter attention, deux enfants, deux jeunes frères qui habitent à quelques maisons de la mienne, jouer au ballon. C’était, comme à l’accoutumée, un échange bruyant, très animé. Ce sont de jeunes enfants que je connais bien de visu car ils passent beaucoup de temps en extérieur avec leurs parents, multipliant les activités sportives. Tout le contraire des familles coincées derrières leurs écrans, qui d’ordinateur, qui sur l’iPhone gros et grand comme mes fesses, ou encore devant les consoles de jeux…

Et puis d’un coup j’ai entendu un immense éclat de rire de l’un des enfants. Interminable. Un éclat de rire en plein coeur. Communicatif au point que je me suis laissé aller à rire, seul dans mon jardin.

Un pur bonheur.

Et là je me suis rendu compte qu’en fait, il y avait bien longtemps que je n’avais pas entendu un tel éclat de rire chez un enfant. Dans ce monde brutes, les enfants, à l’instar des parents bien souvent névrosés sans le savoir, ne rient plus à gorge déployée comme jadis. Récemment, je me suis surpris à me laisser aller à un tel éclat de rire. Jusqu’aux larmes. Un événement tout à fait exceptionnel pour le signaler.

J’ai savouré ce court instant de bonheur que ces deux enfants m’ont donné. Il a fait ma journée.

Le monde n’est pas tout à fait perdu. Il existe encore des enfants qui rient. Des enfants heureux. Ça m’a changé des enfants chouineurs qui pullulent dans tous les magasins de nos jours et qui rendent béat d’admiration leurs parents.

Un bien bel intermède au milieu du triste spectacle de la vie.