Tunisie. Un jeune Tunisien condamné à la prison sur la base d’un test anal

Publié le 28/09/2015 dans Courrier International

« L’affaire est suffisamment importante pour qu’on s’y attarde. » C’est justement ce qu’a fait la justice tunisienne en allant examiner minutieusement le sphincter anal de ce jeune tunisien. Loin de moi l’idée de m’immiscer dans les affaires intérieures de la Tunisie mais quand même. Il semblerait que le jeune homme en question n’avait plus les 39 plis réglementaires. À vue d’oeil. Ou à vue de nez. Quoi qu’il en soit, le trou du cul n’a plus rien de sacré en Tunisie. Là-bas, on ne parle pas de délit de faciès mais de délit de trou de balle. Peut-on rire de tout? Je ne le pense pas même si j’ai choisi l’humour pour commenter cette nouvelle affligeante. Et à la manière du Colonel 2.0, je vous dirai que cette histoire « ça me troue le cul… ». //RO

 

« Si l’information venait d’un pays comme l’Arabie Saoudite, elle serait considérée presque comme ‘normale’. Le problème est qu’elle vient de la Tunisie, pays supposé avoir fait une révolution dite ‘de la dignité’, supposé être démocratique, supposé posséder ‘la meilleure Constitution du monde’”, s’indigne Kapitalis.

Le 22 septembre, un jeune Tunisien a été condamné à un an de prison par le tribunal de première instance de Sousse, ville côtière située à l’est du pays, en application de l’article 230 du code pénal, hérité de l’époque du protectorat français, qui réprime l’homosexualité.
 

“C’est un événement suffisamment important et grave pour qu’on s’y attarde”, enchaîne Business News, qui revient sur les conditions d’arrestation et de condamnation du jeune homme “interpellé dans le cadre d’une simple opération de vérification d’identité routinière. Les agents de police se sont permis de lui confisquer son téléphone et de consulter de force ses correspondances privées mettant au jour sa relation ‘amoureuse’ avec un autre individu du même sexe. La police a-t-elle le droit de violer aussi légèrement l’intimité des gens en pleine rue et sans mobile apparent ?”

“C’est à se demander quel est le véritable tort de ce jeune homme au moment de son arrestation. Etait-il victime de sa différence ou simplement victime de la malchance de se trouver face à un policier irrespectueux des procédures et intolérant, voulant imposer un modèle de société puritain qui n’existe que dans sa tête et dans la tête de ses semblables ?” poursuit le site tunisien.
 
Ensuite, “il aurait fallu le concours d’un médecin légiste peu scrupuleux de sa propre déontologie pour resserrer l’étau autour du cou de ce jeune, coupable de sa différence”. A la suite de l’arrestation, le médecin a en effet pratiqué un test anal sans le consentement du jeune homme, rapporte le site d’information.

Business News ne cache pas sa colère : “Et puis, il y a cette juge, pour boucler la boucle et rendre le calvaire de ce jeune homme plus dramatique, qui, par son jugement, confirme tout le mal que nous pensons de l’état de notre magistrature et de notre justice dans son ensemble. Une justice archaïque, sclérosée, mécanique, à plusieurs vitesses et conservatrice au point de devenir la garante d’un ordre établi, pas toujours conforme à la réalité, forcément plus complexe que les textes désuets qui la régissent.”

 

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Illustration : Dessin de Z, Débat Tunisie.

 

 

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