UMP : Le droit d’inventaire ou le droit de se taire ?

Causeur.fr le 19 août 2013 par Philippe Bilger

Une fois la machine lancée, il sera très difficile de l’arrêter.

*Photo : ©HTO3.

Il en a fallu du temps !

Pourquoi, d’ailleurs, avoir dû attendre le 16 août, soit quinze mois après la défaite de Nicolas Sarkozy, pour que Jean-François Copé juge nécessaire, avant la mi-octobre, “un débat sérieux et objectif” sur le quinquennat écoulé ?

Le paradoxe était en effet que cet échec grave, malgré une fin de campagne plus que racoleuse, n’ait pas entraîné tout de suite une analyse, un bilan, un droit d’inventaire ? Quand on perd et qu’on reçoit un héritage grevé, on constate, on examine, on exclut.

Pourtant, au fil des mois, des voix se sont élevées dont il faut considérer qu’à cause de l’ambiance caporaliste diffusée par Sarkozy et validée par Copé, elles étaient courageuses et lucides. Elles méritent d’être toutes citées parce qu’un jour, elles seront l’avant garde, l’honneur d’une droite rénovée.

Jean-Pierre Raffarin, Luc Chatel, Xavier Bertrand, Hervé Mariton, François Fillon, Eric Ciotti, Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse, Gérald Darmanin, Patrick Devedjian, à un degré moindre Pierre Lellouche et Philippe Marini, sur un mode plus discutable mais la première, Roselyne Bachelot. Dans le désordre.

Si Jean-François Copé a tant tardé à admettre l’inéluctable tient au fait que sa complicité intéressée avec Sarkozy fondée sur une répartition des rôles dans le futur l’a conduit à bloquer, à verrouiller un dispositif en espérant qu’il tiendrait tant bien que mal jusqu’à la primaire de l’UMP en 2016. Aucune autre tête virtuellement menaçante ne devait émerger.

Pour ce faire, contre tout bon sens, Copé, pour complaire à son maître – à force d’être qualifié de clone de Sarko, il a fini par y croire !- a d’abord prétendu que le vaincu avait un droit naturel à se représenter et qu’il ne devait être soumis à aucune joute interne. Puis, sous des pressions diverses dont celle essentielle de François Fillon, Copé a consenti à l’instauration du système de la primaire. Et le 16 août, il a formulé la proposition d’un débat “sérieux et objectif” (Le MondeLe Figaro).

L’accouchement a été lent.

Pourtant, s’il n’y avait pas eu l’emprise délétère de Nicolas Sarkozy encore sur l’UMP grâce à lui, ce n’est pas la qualité des opposants au droit d’inventaire qui pouvait le retenir d’adopter cette démarche naturelle.

En effet, parmi les adversaires, il y a les inconditionnels de Sarkozy qui ont eu cette facilité, ce confort de ne rien apprendre et de tout oublier. Les duettistes Geoffroy Didier et Guillaume Peltier créateurs de la Droite forte (plutôt bête !), Brice Hortefeux jamais en retard d’un poncif, Nadine Morano tellement appréciée pour sa mesure! et le sénateur Karoutchi écoutant Copé pour savoir ce qu’il peut dire : le débat sérieux et objectif mais pas de droit d’inventaire ! C’est tout et ce n’est pas brillant (20 minutes).

LeColonel dit : un droit d’inventaire c’est comme un rendez vous sur objectif, un bilan de son action durant les responsabilités qui nous ont été confiées, surtout lorsqu’elles l’ont été par le peuple. Cela existe partout. Pourquoi vouloir s’y dérober, surtout si, aux dires d’une immense population, l’ex-président de la République ambitionne un nouveau mandat. Ce dont je doute grandement. Si tel était le cas, alors ce droit d’inventaire est incontournable….. //RO

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.