Une double débâcle politique

 

13 AOÛT 2014 par LAMBERT CHRISTIAN

Les 4 Vérités

 

À gauche, les grandes manœuvres pour l’élection présidentielle de 2017 ont déjà commencé. Manuel Valls et, très clairement depuis son discours-programme du 10 juillet, Arnaud Montebourg, sont candidats. Ces deux voltigeurs du PS pensent que François Hollande, jugé incompétent, parfois ridicule avec 85 % d’opinion défavorable ne se représentera pas, d’autant plus qu’une partie de sa majorité socialo-communiste a clairement fait connaître qu’elle ne le soutiendrait pas. 15 % seulement des militants et sympathisants socialistes souhaitent qu’il se représente, c’est-à-dire que 85 % ne le souhaitent pas, y compris Martine Aubry.

Mais le camarade Hollande, lui, ne l’entend pas de cette oreille. Il est bien décidé à rester en place, parce que la place est bonne. Il l’a, d’ailleurs, dit sans ambiguïté au cours de sa prestation télévisée du 14 juillet : « Un quinquennat, c’est très court ».

On le comprend. Le Président de la Républi­que française, c’est le Roi, le roi pendant cinq ans – si possible 10 ! Il est au-dessus du pa­nier, bénéficiant de tous les avantages imaginables. Il est logé dans des palais. Il a à sa disposition une véritable cour, non pas de comtes, ducs ou marquis, mais de fonctionnaires aux ordres – et, eux aussi, aux larges privilèges. Ils sont des centaines. Il est entouré de valets et gardes du corps aux petits soins. Il voyage comme un roi et est reçu à l’étranger, comme un roi. Il a, pour cela, sous la main, avions, hélicoptères, et toute une flotte de voitures. Il a aussi à son service un excellent cuisinier, secondé par d’autres cuisiniers, eux-mêmes secondés par une nuée de marmitons. Comme le Président est chef des armées, les armées lui fournissent tout ce dont il a besoin en matière de personnel très bien formé, notamment dans la Marine. Les dames aussi, étant très sensibles au pouvoir, sont toujours prêtes à faire preuve de dévouement à la demande du roi. J’ai eu l’honneur et l’avantage, il n’y a pas bien longtemps de consulter un catalogue en couleurs qui présentait les favorites de l’ancien roi (à vrai dire, pas très ancien). J’ai vu qu’il avait le choix ! N’insistons pas…

Assuré par l’État, c’est-à-dire par le contribuable, le train de vie du roi élu, sans être gigantesque – on est en France, pas au Gabon, ni au Qatar –, lui sert d’argent de poche.

Bref, on comprend que la fonction de roi, même temporaire, fasse des envieux.

À droite aussi. Que l’on en juge.

À dire vrai, à droite règne déjà un roi, mais c’est le Roi Pétaud. En lieu et place du citoyen Copé qui avait de la comptabilité une conception particulière, a surgi un triumvirat avec Fillon, Juppé, et Raffarin, des hommes neufs (!) surveillant, secrétaire général, directeur général, trésorier, etc., largement rémunérés, eux aussi, sur le budget de l’UMP, si bien gérée qu’elle est en faillite avec un trou de 75,5 millions d’euros (chiffre publié), ce qui n’empêche nullement une bonne demi-douzaine d’élus UMP de prétendre au trône de France.

Tout ce petit monde, dit « gaulliste », divisé en clans, se déteste. C’est ainsi que Rachida Dati, ex garde des sceaux, maire du VIIe arrondissement de Paris et député européen – donc à l’abri du besoin – a traité Fillon de voyou. Elle, au moins, reste fidèle à Sarkozy, ce qui constitue une exception, car presque tous les amis de l’ex-roi sont devenus ses ennemis. Pauvre Nicolas qui ne pense qu’à redevenir le roi, mais qui sait que ce ne sera pas facile, traité par tous « d’aventurier parvenu qui nous a fait perdre ». De surcroît, Nicolas traîne un nombre incalculable d’affaires qui font les délices d’un nombre également incalculable de policiers et de magistrats qui le surveillent jour et nuit. Ainsi, Nicolas est-il traité comme un vulgaire trafiquant de drogue par des magistrats ultra-politisés, qui l’interrogent en pleine nuit et font tout pour l’humilier. Or Nicolas a été Président de la République. Ce n’est pas tout, les dossiers de l’instruction, confidentiels, sont aussitôt reproduits dans la presse à la virgule près ! Mais qui les a remis à la presse ? La réponse est simple !

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Illustration LCA. Photo extraite les 4 vérités

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.