Vincent Lambert : ainsi donc, on continue de creuser le trou…..

Par Régis Ollivier le 25 juin 2014

Ce titre, volontairement provocateur, a pour but de pointer du doigt l’aspect financier du cas Vincent Lambert, qui déchaine beaucoup de passions et de tensions, mais dont personne ne se risque à en évoquer le coût pour l’assurance maladie et son fameux trou béant. Alors certes, le bilan financier, dont nous n’aurons jamais connaissance, n’est qu’une (grosse) goutte d’eau dans l’océan déficitaire de cette branche. Soit! Qu’il en soit ainsi. 

La décision de la CEDH est pour ce qui me concerne, un aberration qui, soit dit en passant, illustre une fois de plus l’absence de souveraineté dans nos décisions nationales. 

Alors que le Conseil d’État a décidé mardi soir l’arrêt de l’alimentation de Vincent Lambert, ce jeune tétraplégique dont le sort divise la famille depuis plus d’un an, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), quelques heures après, a suspendu cette décision en indiquant en urgence des mesures provisoires à l’État français. Autrement dit, la CEDH fait obligation au CHU de Reims où est Vincent Lambert de continuer à l’alimenter. La cour a également interdit tout transfert de ce patient. Les requérants craignaient en effet que Vincent Lambert ne soit déplacé en Belgique, où réside son épouse depuis peu, et où l’euthanasie est légale.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/06/24/01016-20140624ARTFIG00467-la-cour-europeenne-ordonne-le-maintien-en-vie-de-vincent-lambert.php

Cette décision de la CEDH, si vous en doutiez, moi pas! 

Pas plus tard qu’hier soir, j’échangeais fort courtoisement sur Facebook quelques propos sur ce feuilleton judiciaire lorsque j’en suis arrivé à la conclusion suivante : « laissons les protagonistes se déchirer. Cette affaire ne nous concerne pas. ». 

En réalité, et la nuit apporte ses conseils, nous sommes concernés au moins à la marge par cette bien triste affaire et notamment par son aspect financier dont personne ne se risque à parler. 

Et pourtant, je pose la question : « qui paye depuis des années ce maintien en vie artificielle ? » 

Sauf erreur ou omission de ma part, c’est vous, c’est moi, c’est nous!

Je vous propose la lecture infra de ce bref article qui ose aborder cet aspect financier :

http://jeanyvesnau.com/2014/04/08/vincent-lambert-15-000-euros-pour-un-transfert-a-la-pitie-salpetriere-le-chu-de-reims-ne-veut-pas-payer/

Prenant en compte l’aspect sentimental des différents protagonistes dans cette affaire, j’estime qu’il est du devoir des tenants jusqu’au-boutistes du maintien en vie de Vincent Lambert de prendre à leur charge les frais inhérents à ce choix qualifié de déraisonnable par le Conseil d’Etat. 

Car Vincent Lambert n’est pas un cas isolé. Il en existerait 1 700 en France.

Une dernière question : Faut-il légiférer en la matière ? Si tel était le cas, et il le sera forcément, nous risquons de voir apparaitre une loi qui sera inévitablement imparfaite. Voici infra quelques éléments de réflexions. 

http://www.lepoint.fr/societe/fin-de-vie-ayrault-si-on-legifere-il-faudra-le-faire-avec-le-consensus-le-plus-pousse-13-02-2014-1791277_23.php

C’est du moins, ce que je crois. 

Régis Ollivier

Photo d’illustration. © Benjamin Jerôme / Maxppp

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

One thought to “Vincent Lambert : ainsi donc, on continue de creuser le trou…..”

  1. http://www.aleteia.org (site internet catholique)reprend un texte du Padreblog à propos du cas V. Lambert présenté d’un point de vue différent de celui financier.
    Donc, on veut assouplir la législation sur l’euthanasie, raccourcir les séjours en maternité et autres mesures pour faire des économies. Mais en parallèle, pas touche à l’AME qui fait que des immigrants ILLEGAUX bénéficient GRATUITEMENT de notre système de santé quelques soient la lourdeur du coût des soins dont ils ont besoin.
    Cependant, d’accord pour dire que la France n’a pas à se laisser imposer des décisions sociétales (ou autres) par l’UE. Par exemple, en ce qui concerne la GPA utilisée illégalement par des Français pour bénéficier de ce fameux ‘droit à l’enfant’ (comme on a droit à une voiture, un cadeau pour son anniversaire, etc…).

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