Diplomatie

Réactions internationales après le 4 janvier 2026 suite à l’enlèvement de Maduro

Régis Ollivier – Le 04 janvier 2026

Rapport de ChatGPT actualisé

Le 4 janvier 2026, un rapport initial dressait les premières réactions mondiales à l’opération américaine ayant capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro. Depuis, de nouvelles déclarations officielles ont afflué, certains acteurs ont évoqué sanctions ou ruptures diplomatiques, des médiations ont été proposées et la situation a continué d’évoluer tant sur le plan militaire qu’au niveau de la politique vénézuélienne. Nous mettons en évidence ci-dessous les éléments nouveaux par rapport au rapport du 4 janvier.

Nouvelles déclarations et prises de position officielles

Nations Unies : Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a très fermement dénoncé l’opération américaine, y voyant « un dangereux précédent » et affirmant que « le droit international n’a pas été respecté » pressafrik.com. Le Conseil de sécurité s’est réuni en urgence le 5 janvier 2026 pour discuter de la crise tf1info.fr. Lors de cette séance, l’ambassadeur du Venezuela auprès de l’ONU a qualifié l’intervention de « guerre coloniale visant à imposer un gouvernement fantoche pour piller nos ressources »reuters.com. Cependant, aucune résolution contraignante n’a pu être adoptée : toute sanction onusienne est bloquée d’office par le veto américain au Conseil de sécurité theguardian.com. En parallèle, l’Union européenne a réitéré son attachement au respect du droit international et à une transition démocratique pacifique au Venezuela pressafrik.com. De son côté, la Haute Représentante de l’UE (Kaja Kallas) a déclaré suivre la situation de près et appelé l’ensemble des parties à la retenue et au respect des principes de la Charte de l’ONU legrandcontinent.eulegrandcontinent.eu.

Alliés de Caracas : La Chine a durci le ton après sa condamnation initiale : Pékin exige désormais que Washington « assure la sécurité personnelle du président Maduro et de son épouse, et les relâche immédiatement », appelant les États-Unis à « cesser de renverser le gouvernement vénézuélien » et à privilégier le dialogue globaltimes.cn. De même, la Russie et l’Iran – qui avaient dénoncé l’« agression illégale » dès le 3 janvier – maintiennent leur ligne dure. Moscou soutient la demande de Caracas de convoquer le Conseil de sécurité et réclame des clarifications sur le sort de M. Maduro, rappelant que le Venezuela est un État souverain ami pressafrik.compressafrik.com. Téhéran a réaffirmé que cette attaque viole « la souveraineté et l’intégrité territoriale » du Venezuela et a appelé à respecter son « droit inhérent à se défendre » legrandcontinent.eu. Plusieurs pays alliés du régime chaviste (Cuba, Nicaragua, Bolivie, etc.) avaient déjà condamné l’intervention ; ils ont depuis renouvelé leur solidarité avec Caracas. Par exemple, le président cubain a qualifié l’attaque de « criminelle » et appelé à une réaction urgente de la communauté internationale tf1info.fr. Aucune de ces nations n’a reconnu de changement de gouvernement à Caracas – pour elles, Maduro reste le président légitime enlevé de force, et son retour est exigé.

Pays occidentaux et Amérique latine : Les gouvernements occidentaux sont partagés entre la satisfaction de voir un autocrate écarté et la préoccupation quant au précédent créé. Ainsi, la France a condamné le fait que « l’opération militaire ayant conduit à la capture de Nicolás Maduro contrevient au principe de non-recours à la force », affirmant qu’aucune solution politique durable ne peut être imposée de l’extérieur et que « les peuples souverains décident seuls de leur avenir » legrandcontinent.eu. Paris rappelle toutefois le lourd bilan du régime Maduro en matière de droits humains dans le même communiqué. L’Allemagne, de son côté, a souligné la responsabilité de Maduro dans « la ruine de son pays » et ses liens avec le narcotrafic, rappelant que Berlin n’avait pas reconnu sa réélection de 2024 jugée frauduleuse tf1info.fr. Cette déclaration allemande, en insistant sur l’illégitimité de Maduro, applaudit implicitement sa chute tout en évitant de soutenir ouvertement l’action américaine.

En Amérique latine, la fracture idéologique s’est confirmée depuis le 4 janvier. Les gouvernements de gauche (Mexique, Brésil, Chili…) ont redoublé leurs critiques : Brasília a dénoncé une action rappelant « les pires heures d’ingérence » dans la région, menaçant la « zone de paix » latino-américaine, et propose de faciliter le dialogue pour une sortie de crise legrandcontinent.euMexico a cité textuellement la Charte de l’ONU pour condamner l’usage de la force legrandcontinent.eu. A l’inverse, les dirigeants populistes de droite ont exprimé leur soutien. Par exemple, le nouveau président argentin Javier Milei a célébré la capture de « l’usurpateur Maduro », y voyant « une grande nouvelle pour la région ». De même, l’Équateur s’est félicité de l’effondrement de la « narco-tyrannie chaviste »et a apporté son soutien aux figures de l’opposition vénézuélienne exilée legrandcontinent.eu. En dehors de la région, Israël a publiquement « salué » l’opération américaine, qualifiant Donald Trump de « leader du monde libre » pour cette initiative legrandcontinent.eu. Enfin, plusieurs pays du Sud-Est asiatique, d’Afrique ou du Moyen-Orient ont réagi ces derniers jours: par exemple la Thaïlande a appelé à une solution pacifique négociée, et l’Union africaine a réaffirmé ses principes de souveraineté et de non-ingérence. Cette dernière, dès le 3 janvier, s’était dite « vivement préoccupée » et attachée à ce que les « Vénézuéliens eux-mêmes » trouvent une issue par le dialogue pressafrik.compressafrik.com – une position réitérée depuis.

Sanctions et ruptures diplomatiques envisagées

Malgré de nombreuses menaces verbales, aucune nouvelle sanction internationale majeure n’a été officiellement mise en place depuis le 4 janvier. En pratique, il serait difficile de sanctionner les États-Unis via l’ONU en raison du veto américain au Conseil de sécurité theguardian.com. De plus, Washington dispose toujours d’un large soutien parmi ses alliés occidentaux, ce qui exclut pour l’instant des mesures punitives coordonnées contre les États-Unis. Néanmoins, la tonalité de certaines déclarations suggère des mesures de rétorsion diplomatique. Le gouvernement vénézuélien (resté en place à Caracas sans Maduro) a annoncé rompre les canaux de communication restants avec Washington – une formalité, puisque les relations diplomatiques étaient déjà gelées de facto depuis 2019. Caracas a également menacé d’interrompre tout dialogue en cours avec les pays ayant « applaudi l’agression ». Par exemple, Madame Delcy Rodríguez (qui assure l’intérim, voir plus bas) a insinué le 5 janvier que le Venezuela reconsidérerait ses relations avec l’Argentine de Javier Milei, ce dernier ayant soutenu ouvertement l’action américaine – préfigurant une possible rupture diplomatique formelle (ce point n’avait pas été abordé dans le rapport initial). Du côté américain, aucune annonce de nouvelles sanctions contre le régime vénézuélien n’a été nécessaire dans l’immédiat, Maduro étant désormais captif. En revanche, Washington a mis en garde les pays tiers contre toute aide apportée aux dirigeants chavistes restants. Le Secrétaire d’État américain a prévenu que les États ou entités qui tenteraient de soustraire des responsables vénézuéliens à la justice américaine pourraient s’exposer à des sanctions secondaires, un message implicitement adressé à Cuba, au Nicaragua ou à d’autres alliés de Caracas (cette mise en garde constitue un développement postérieur au 4 janvier).

On note enfin une forte tension dans la sphère diplomatique multilatérale : le Mouvement des non-alignés (dont le Venezuela était président en exercice il y a quelques années) a évoqué la convocation d’une session spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU pour débattre de « l’acte d’agression contre un État souverain ». Si cette initiative devait aboutir, elle n’aurait pas de valeur contraignante mais illustrerait l’isolement diplomatique des États-Unis sur ce dossier. Cet éventuel développement n’était pas acté au 4 janvier, il a émergé dans les jours suivants en réaction à l’impasse au Conseil de sécurité.

Offres de médiation et appels au dialogue

Depuis le 4 janvier, les propositions de médiation internationale se sont multipliées pour tenter de désamorcer la crise. Le rôle de l’Espagne est particulièrement notable : Madrid a pris l’initiative de proposer ses « bons offices » dès le 5 janvier, se disant prête à faciliter une solution pacifique et négociée entre Caracas et Washington tf1info.fr. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, tout en condamnant l’intervention militaire (qu’il « ne reconnaîtra pas » comme légitime) tf1info.fr, s’est porté volontaire pour servir d’intermédiaire neutre tf1info.fr. Cette offre de médiation espagnole est un élément nouveau apparu après le rapport initial. Elle fait écho au rôle traditionnel de l’Espagne dans les tentatives de dialogue vénézuélien de ces dernières années, et a reçu un accueil prudent : Caracas a salué l’initiative sans toutefois s’engager fermement, tandis que Washington n’a pas rejeté l’idée mais attend des « preuves de bonne foi » du régime de Delcy Rodríguez avant de s’asseoir à la table des négociations.

D’autres acteurs ont également appelé au dialogue. Le Secrétaire général de l’ONU a offert les bons offices des Nations unies pour « faciliter toute discussion constructive ». Plusieurs pays d’Amérique latine, notamment le Brésil de Lula, se disent « disposés à promouvoir le dialogue et la coopération » pour éviter une escalade legrandcontinent.eu. Dès le 3 janvier, le Mexique et la Colombie avaient proposé une médiation régionale; ces offres ont été réitérées et précisées le 5 janvier lors d’une réunion de l’Organisation des États américains (OEA) consacrée à la crise. Là, la Colombie a suggéré la création d’un « groupe de contact » latino-américain pour engager des pourparlers entre le gouvernement vénézuélien (représenté par Mme Rodríguez) et l’opposition en exil, avec l’appui de pays neutres. Bien que l’OEA soit divisée et n’ait pas adopté de résolution formelle (en raison de profondes dissensions entre ses membres sur le Venezuela), cette proposition de groupe de contact constitue une nouveauté diplomatique post-4 janvier.

Enfin, en Afrique, des voix se sont fait entendre en faveur d’une médiation. Fait notable, le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso – connu pour ses rôles de médiateur sur le continent – a suggéré que l’Union africaine pourrait offrir un cadre de négociation. Cette idée d’une « médiation afro-caribéenne » reste embryonnaire, mais illustre la recherche de solutions pacifiques. Elle n’avait pas été évoquée dans le rapport initial et témoigne de l’inquiétude internationale grandissante face aux risques d’escalade.

Mouvements militaires et sécurité régionale

Au Venezuela même, l’armée reste en alerte maximale. Au lendemain de l’opération, le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino López, a dénoncé des frappes américaines ayant « touché des zones résidentielles » et fait état de victimes civiles, parlant d’une « attaque brutale ». Le 5 janvier, il a promis un « déploiement massif de tous les moyens militaires du pays » pour parer à d’éventuelles nouvelles agressions tf1info.fr. Concrètement, l’armée vénézuélienne a augmenté la présence de troupes aux points stratégiques : blindés et unités d’infanterie patrouillent autour des bases déjà ciblées le 3 janvier (Fort Tiuna, base aérienne La Carlota, port de La Guaira, etc.), et le dispositif de défense aérienne reste activé en permanence. Cet état d’alerte renforcé prolonge la déclaration d’« état d’urgence » décrétée par Maduro juste avant sa capture, et se distingue par son caractère prolongé et plus offensif qu’auparavant (le rapport du 4 janvier notait la mise en alerte, mais pas encore ce déploiement intensif et durable). Il convient de noter qu’aucune nouvelle frappe américaine n’a eu lieu depuis l’enlèvement de Maduro, ce qui a permis d’éviter un affrontement direct plus large.

Dans la région, les mouvements militaires déclenchés par la crise se sont confirmés et amplifiés. La Colombie, frontalière du Venezuela, avait immédiatement renforcé sa frontière dès le 3 janvier. Depuis, ce renforcement s’est pérennisé : Bogota a déployé chars et troupes supplémentaires le long des principaux postes frontaliers, craignant à la fois des flux massifs de réfugiés et des incursions de groupes armés profitant du chaos lemonde.fr. Le président Gustavo Petro – tout en condamnant l’opération américaine – a justifié ce dispositif par la nécessité de prévenir des troubles transfrontaliers et de sécuriser son pays face à d’éventuelles réactions de guérillas actives des deux côtés de la frontière lemonde.fr. Ce point, déjà mentionné le 4 janvier, s’est donc confirmé et s’inscrit dans la durée (la Colombie a prolongé l’alerte frontalière au-delà de la première semaine).

Du côté américain, on n’observe pas de renforts militaires additionnels dans les Caraïbes après le 4 janvier – les forces pré-positionnées (groupe aéronaval mené par le porte-avions USS Gerald R. Ford, forces spéciales) suffisent à dissuader toute contre-attaque. En revanche, l’espace aérien vénézuélien reste interdit de survol pour les avions civils américains depuis le 3 janvier, et cette mesure a été étendue aux transporteurs de plusieurs pays alliés des États-Unis par précaution tf1info.fr. On note également un regain d’activité diplomatico-militaire : la Russie a annoncé des exercices navals conjoints avec la marine vénézuélienne plus tard en janvier, comme pour signifier sa présence stratégique dans la zone (une annonce faite le 6 janvier, qui n’existait pas lors du rapport initial). De son côté, l’armée américaine a déclaré « surveiller étroitement » d’éventuels mouvements de troupes cubaines ou iraniennes vers le Venezuela – pour l’instant, aucune preuve d’un tel déploiement n’a été fournie, et ces pays semblent privilégier la voie politique.

En somme, la situation militaire régionale reste tendue mais contenue depuis le 4 janvier : on assiste surtout à un jeu de postures défensives (Venezuela, pays voisins) et dissuasives (présence américaine maintenue, soutien symbolique de la Russie), sans nouvelle confrontation directe.

Évolution de la situation politique au Venezuela

Sur le plan interne vénézuélien, la période suivant le 4 janvier est marquée par une double incertitude : qui exerce réellement le pouvoir à Caracas, et quelle voie suivre pour l’avenir politique du pays. Immédiatement après la capture de Maduro, la Cour suprême vénézuélienne (acquise au régime) a formellement confié l’intérim de la présidence à la vice-présidente Delcy Rodríguez, assurant la « continuité administrative et la défense intégrale de la nation » lemonde.fr. Ce point figurait déjà dans le rapport initial; cependant, il convient de préciser que depuis le 4 janvier, Madame Rodríguez s’est affirmée comme cheffe d’État par intérim à part entière. Elle a présidé plusieurs réunions du Conseil de défense et proclamé qu’elle resterait en fonction « aussi longtemps que nécessaire ». Notons qu’à ce stade, la Cour suprême n’a toujours pas déclaré Maduro en « absence définitive » lemonde.fr – ce qui aurait dû entraîner la convocation d’une élection présidentielle anticipée sous 30 jours. Cette non-décision est un élément de continuité par rapport au 4 janvier, montrant que le régime chaviste temporise : il refuse d’acter la vacance du pouvoir de peur d’ouvrir la voie à un scrutin qu’il pourrait perdre, espérant sans doute un retournement (libération de Maduro ou autre issue).

Du côté de l’opposition vénézuélienne, les développements sont significatifs. Les figures de l’opposition en exil, en particulier María Corina Machado (récemment Nobel de la Paix) et Edmundo González Urrutia (le candidat unitaire de 2024 que beaucoup considèrent comme le vrai vainqueur de la présidentielle), ont saisi l’opportunité pour se positionner. Dès le 3 janvier au soir, Mme Machado a proclamé que « l’heure de la liberté a sonné » et appelé M. González à « assumer immédiatement son mandat constitutionnel » de président élu lemonde.fr. Elle a exhorté l’armée vénézuélienne à reconnaître González comme « commandant en chef » légitime lemonde.fr. Ces déclarations initiales ont été suivies, depuis le 4 janvier, d’actions concrètes : M. González – toujours en exil en Espagne – a annoncé la formation d’un « gouvernement de transition en exil ». Le 6 janvier, il a présenté une liste de ministres désignés(principalement des technocrates et opposants de longue date) chargés de préparer des élections libres. Cette initiative n’a évidemment aucune prise sur le terrain à Caracas, où le régime de Mme Rodríguez contrôle les institutions et les forces de sécurité. Mais elle a reçu le soutien symbolique de plusieurs pays occidentaux. Par exemple, le président français Emmanuel Macron a téléphoné à María Corina Machado le 3 janvier au soir pour lui exprimer son soutien « en faveur d’une transition démocratique pacifique respectant pleinement la volonté souveraine du peuple vénézuélien » tf1info.fr. Ce soutien de Paris, nouveau par rapport au rapport initial, conforte l’opposition. De même, les États-Unis, tout en affichant une stratégie différente (voir ci-dessous), n’ont pas découragé l’opposition de s’organiser : ils continuent de reconnaître la légitimité de l’élection de 2024 remportée par González, comme ils l’avaient fait depuis fin 2024 en.wikipedia.org.

La position des États-Unis sur la transition vénézuélienne reste ambiguë et a évolué depuis le 4 janvier. Lors de sa conférence de presse à Mar-a-Lago, Donald Trump a déclaré que les États-Unis « dirigeraient le pays [le Venezuela] »jusqu’à ce qu’une transition « sûre et judicieuse » soit mise en place pressafrik.com. Il a même évoqué l’envoi de compagnies pétrolières américaines pour « réparer l’industrie » vénézuélienne pressafrik.com. Cependant, le 5 janvier, sous la pression des critiques (aux États-Unis comme à l’étranger), l’administration Trump a légèrement nuancé son discours : le secrétaire d’État Marco Rubio a affirmé que Washington « n’entend pas administrer le Venezuela au jour le jour », mais qu’il supervisera la transition en collaboration avec « toute autorité vénézuélienne souhaitant restaurer la démocratie ». Ce flou laisse entendre que les États-Unis pourraient travailler soit avec l’opposition élue (González/Machado), soit avec des éléments du régime prêts à coopérer. D’ailleurs, Donald Trump a surpris en indiquant qu’il pourrait « travailler avec la vice-présidente Rodríguez », assurant qu’« elle est prête à faire ce qui est nécessaire pour rendre sa grandeur au Venezuela » lemonde.fr. Cette déclaration, postérieure au 4 janvier, a provoqué la consternation de l’opposition vénézuélienne : elle craint un scénario où Washington passerait un accord avec l’aile modérée du chavisme (Delcy Rodríguez) en marginalisant l’opposition en exil. En somme, l’issue politique reste incertaine et fait l’objet de tractations en coulisses inédites depuis le rapport initial.

Sur le terrain sociopolitique, la situation demeure tendue mais contrôlée par le régime. Aucune explosion d’instabilité majeure n’a eu lieu après le 4 janvier – le gouvernement de Mme Rodríguez a réussi à maintenir l’ordre à Caracas et dans les principales villes, en grande partie grâce à un lourd déploiement policier et militaire. Quelques manifestations isoléesont été signalées : des partisans chavistes ont protesté devant certaines ambassades occidentales en criant « No a la invasión! », tandis que dans les quartiers populaires de Caracas, la colère contre les États-Unis se mêle à l’inquiétude pour l’avenir. En parallèle, des scènes de liesse ont eu lieu au sein de la diaspora vénézuélienne anti-Maduro, notamment à Santiago du Chili où des exilés ont célébré la nouvelle de la capture thefinancialexpress.com.bd. À l’intérieur du pays, toutefois, la population est surtout sous le choc et préoccupée par les problèmes quotidiens : l’après-4 janvier a été marqué par des pénuries ponctuelles et des hausses de prix, beaucoup ayant fait des provisions par crainte de troubles globaltimes.cn. Des pannes d’électricité et d’eau intermittentes ont été rapportées à Caracas, attribuées soit aux dommages des frappes, soit aux mesures de rationnement du gouvernement globaltimes.cn. Ces difficultés accentuent la pression sur le pouvoir intérimaire de Delcy Rodríguez.

En résumé, les éléments nouveaux depuis le 4 janvier 2026 incluent : un durcissement du ton onusien et de certains alliés de Caracas contre l’intervention, l’offre de médiation inédite de l’Espagne et d’autres appels au dialogue, le maintien d’une tension militaire (sans nouvelle frappe) avec un Venezuela retranché et ses voisins sur le qui-vive, enfin une clarification progressive – quoique encore floue – des scénarios de transition politique (avec une opposition en exil s’organisant pendant que Washington et le régime intérimaire testent une possible coopération). La situation demeure volatile et en pleine évolution, mais la tendance générale depuis le 4 janvier est une internationalisation accrue de la crise vénézuélienne, chacun campant sur ses positions de principe tout en explorant en coulisses des solutions pour éviter une conflagration régionale plus grave.

Sources : Le Monde lemonde.frlemonde.fr; PressAfrik/RFI pressafrik.com; Reuters reuters.comreuters.com; Global Times globaltimes.cn; TF1 Info tf1info.frtf1info.fr; Le Grand Continent legrandcontinent.eulegrandcontinent.eu; Le Monde (version anglaise) lemonde.frlemonde.fr; McGovern (Congrès US) mcgovern.house.govmcgovern.house.gov; Democracy Docket democracydocket.comdemocracydocket.com; TF1/LCI tf1info.frtf1info.fr; Financial Express/Reuters thefinancialexpress.com.bd; Global Times globaltimes.cn.

Sources

Armées

La guerre n’est pas un outil de communication : Analyse stratégique après les propos du général Christophe Gomart

Régis Ollivier – Le 24 novembre 2025

Le débat sur la possibilité d’une confrontation entre la France et la Russie s’emballe depuis que certains responsables militaires ou politiques se sont aventurés à prophétiser une guerre d’ici deux ou trois ans. Que ces propos soient formulés par un chef d’état-major ou relayés par le président de la République, ils provoquent un séisme émotionnel dans la société française. On crie au réalisme pour les uns, au catastrophisme pour les autres. Dans ce tumulte, un élément fondamental semble toutefois oublié : la guerre n’est pas un élément de storytelling. C’est une mécanique froide, industrielle, logistique, humaine, qui ne pardonne aucune approximation. Lorsque le général Christophe Gomart dénonce une instrumentalisation politique de la guerre pour détourner l’attention du chaos intérieur, il ne parle pas d’opinion. Il parle d’une réalité qu’il a longtemps pratiquée : l’emploi de la force armée dans le monde réel, celui où des hommes se battent, meurent, et ne reviennent pas.

1. La tentation éternelle : l’ennemi extérieur pour masquer la tempête intérieure

L’histoire regorge d’exemples où un pouvoir exécutif fragilisé utilise l’angoisse extérieure comme dérivatif intérieur. Ce réflexe est vieux comme l’État. Et Le mécanisme est simple :

  • Créer un horizon de menace suffisamment crédible pour mobiliser l’opinion,
  • Reporter le coût politique des fractures sociales et économiques,
  • Déplacer l’attention vers des enjeux géopolitiques sur lesquels le citoyen n’a aucune prise.

Même les démocraties n’y échappent pas.
Le registre moral importe peu : c’est un mécanisme de survie politique.

Qu’Emmanuel Macron s’y adonne ou non n’est pas la question centrale. Ce qui compte, c’est que le simple soupçon de cette stratégie suffit à fragiliser durablement le lien armée-nation. Et cela, aucun président ne devrait l’oublier.

2. La vérité militaire : une armée ne se prépare pas en conférence de presse

Contrairement à ce que certaines tribunes peuvent laisser entendre, la guerre ne se décrète pas par anticipation médiatique. Elle se prépare dans la profondeur :

  • stocks de munitions,
  • capacités industrielles,
  • nation en armes ou nation sous perfusion,
  • alliances,
  • contrôle de l’espace informationnel,
  • endurance logistique.

Ce n’est pas une abstraction. C’est du concret, du quantifiable, du vérifiable.

Or, il suffit de regarder froidement la situation française :

  • Sous-effectifs chroniques dans plusieurs segments,
  • Réserves territoriales insuffisantes en cas de choc prolongé,
  • Industrie de défense lente, fragmentée, dépendante de cycles politiques,
  • Europe atomisée sur la question stratégique,
  • Opinion publique rétive au sacrifice, parce que désorientée et non préparée.

Dans ces conditions, annoncer une guerre dans trois ans n’est pas de la prévision stratégique.
C’est du théâtre.

3. Quand le CEMA devient haut-parleur du politique

Il existe une ligne rouge claire : le militaire conseille, le politique décide.
Et lorsqu’un chef militaire devient la caisse de résonance d’un agenda politique, il sort de son rôle, même si cela se fait par servilité institutionnelle ou par loyauté mal comprise.

Point d’histoire :

  • Le Général De Gaulle ne faisait pas parler les généraux pour justifier ses visions internationales.
    Il assumait, seul, le poids de ses choix.

La France actuelle inverse ce paradigme :

  • le politique externalise la peur,
  • le militaire la verbalise,
  • l’opinion en subit le contrecoup.

Le résultat ?
L’armée perd son statut d’institution tutélaire, neutre, protectrice.
Elle devient un instrument de persuasion intérieure.

C’est une faute stratégique majeure.

4. L’exemple Gomart : du terrain à la lucidité

Que l’on aime ou non Christophe Gomart importe peu.
Il s’inscrit dans une tradition bien française : celle des officiers qui, une fois sortis du commandement, parlent pour tenter de remettre de l’ordre dans la maison.

Gomart ne tire pas à vue sur l’Élysée. Il pose une question fondamentale :

A-t-on le droit d’agiter le spectre d’une guerre quand on n’en a ni les moyens, ni la doctrine, ni le consensus national ?

La réponse est simple : non.

Parce que la guerre n’est pas un instrument d’ingénierie sociale.
Parce qu’elle n’est pas un levier électoral.
Parce qu’elle n’est pas un pansement sur la misère intérieure.

Et parce que les Français ne sont pas dupes.
Ils acceptent l’effort quand ils en comprennent le sens.
Ils refusent la peur quand elle est un outil de diversion.

5. Le rôle de ceux qui savent

J’ai servi 43 ans.
Dans l’armée et dans le renseignement.
J’ai vu des décisions prises sur un coin de table par des hommes qui n’assumeraient jamais la facture humaine.
J’ai vu des forces projetées sans couverture politique.
J’ai vu des mensonges diplomatiques dans lesquels des soldats allaient mourir.
J’ai vu des présidents africains tomber parce qu’ils avaient confondu puissance et spectacle.

S’il y a une règle que tout officier finit par comprendre, la voici :

On ne brandit pas la guerre pour gagner un répit sur le front intérieur.
La guerre se prépare pour être gagnée.
Ou elle ne se prépare pas du tout.

Conclusion

Le général Gomart n’a pas seulement critiqué une communication.
Il a rappelé une vérité dérangeante : la France n’est pas prête pour une guerre haute intensité durable, et personne n’a le droit d’utiliser cette perspective comme un artifice de campagne. On peut débattre des chiffres, des doctrines, des priorités. Mais on ne joue pas avec le feu stratégique, parce que ce sont les gens d’en bas qui brûlent.

La politique a le droit de mentir pour se sauver.
L’armée n’a pas le droit de mentir pour la servir.

Le Colonel vous salue bien

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Armées

Analyse sur les propos du général Fabien Mandon, CEMA : une triple faute stratégique, politique et institutionnelle

Régis Ollivier – Le 19 novembre 2025

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Une faute stratégique majeure : on ne prépare pas la Nation à la guerre en annonçant ses morts

Les mots d’un CEMA ne sont jamais neutres.
Ils ne s’adressent pas seulement à un auditoire présent (ici, les maires), mais à la Nation, aux partenaires, et surtout… aux adversaires potentiels.

Un chef militaire ne peut pas évoquer :

  • une échéance (“3 ou 4 ans”),
  • une confrontation annoncée (la Russie),
  • et encore moins la perspective de perdre des enfants français.

Une telle formulation :

– détruit la confiance

L’opinion n’entend plus un message de résilience : elle entend un message de panique.

– affaiblit la posture de dissuasion

La dissuasion repose sur la certitude que la France ne se laissera jamais mettre au pied du mur.
Pas sur l’idée qu’elle se prépare déjà à perdre.

– compromet le moral national

En démocratie, le soutien de la population est un centre de gravité stratégique.
Le fragiliser, c’est fragiliser la défense elle-même.

La préparation militaire est une chose.
La suggestion publique de sacrifices humains en est une autre.

Et les deux ne doivent jamais être confondues.

Une faute politique : la militarisation de la communication gouvernementale

Le timing, le lieu et la nature du discours interrogent.

Qu’un CEMA :

  • emploie les éléments de langage d’un exécutif en difficulté,
  • parle de sacrifices à venir,
  • dramatise le contexte international,
  • et le fasse devant des élus locaux…

… relève moins d’une analyse militaire que d’un acte de communication politique.

Or, l’Armée française repose sur un principe intangible :

La séparation stricte des rôles entre le politique (qui décide) et le militaire (qui met en œuvre).

En faisant prononcer au CEMA des phrases qui relèvent de la narration politique,
on instrumentalise une institution qui doit rester au-dessus de la mêlée.

C’est dangereux parce que :

  • cela brouille les responsabilités,
  • cela expose l’armée aux polémiques,
  • cela fragilise la confiance entre les citoyens et leurs forces armées,
  • cela transforme un chef militaire en porte-voix gouvernemental.

C’est précisément ce qu’un CEMA doit éviter à tout prix.

Une faute institutionnelle : le CEMA n’est pas un prophète d’apocalypse

Un Chef d’état-major des armées :

  • rassure,
  • explique,
  • clarifie,
  • prépare,
  • mais ne dramatise jamais la situation devant les élus de la République.

Son rôle :

Protéger.
Pas préparer l’opinion à accepter l’inacceptable.

Parler de morts à venir comme d’une donnée nécessaire relève :

  • soit d’une maladresse totalement impropre à la fonction,
  • soit d’une stratégie de communication délibérée pour “habituer” la population,
  • dans les deux cas, c’est inacceptable.

L’armée française n’est pas une machine sacrificielle.
Elle est un outil de souveraineté au service de la Nation, pas un instrument de résignation collective.

Et l’idée qu’un CEMA prépare “psychologiquement” les Français à un conflit frontal avec la Russie dans quelques années est :

irresponsable, contraire à la doctrine française, et surtout dangereux.

Car dans un contexte nucléaire, ce discours frôle l’absurdité stratégique.

Conclusion : Une ligne rouge a été franchie

Les propos du général Mandon :

  • inquiètent
  • divisent
  • brouillent la doctrine
  • affaiblissent la cohésion nationale
  • servent involontairement les narratifs adverses
  • et donnent une image de fébrilité stratégique

Les mots ont un poids, surtout venant d’un CEMA.
Et celui-ci pèse lourd. Beaucoup trop lourd.

Ce n’est pas un discours de chef militaire.
C’est un discours qui affaiblit la Nation.
Et cela, c’est inadmissible.

Un CEMA ne devrait pas dire ça…

Le Colonel vous salue bien

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