Politique

Les Fulgurances du Colonel #148 : La ruée vers les ors de l’Élysée

Régis Ollivier

Régis Ollivier

Ancien officier DGSE | Analyste stratégique Défense & Géopolitique | Renseignement – Sécurité internationale | “Les Fulgurances du Colonel”

3 juin 2026

À moins d’un an de l’élection présidentielle, les prétendants se multiplient.

Les candidatures potentielles fleurissent à un rythme qui donne parfois le sentiment que la principale préoccupation du pays serait déjà la conquête du pouvoir.

Pourtant, un paradoxe mérite d’être souligné.

Plus les ambitions se déclarent, plus l’incarnation semble manquer.

Cette multiplication des prétendants pourrait être interprétée comme le signe d’une démocratie dynamique.

Selon moi, elle révèle peut-être une réalité plus préoccupante : la difficulté croissante de faire émerger une personnalité capable de parler à l’ensemble du pays plutôt qu’à une addition de clientèles électorales.

La France ne manque pas d’ambitieux.

Elle peine davantage à faire émerger des figures capables de dépasser les fractures idéologiques, territoriales, culturelles et sociales qui traversent désormais la société.

Chacun semble parler à son camp, à son électorat, à sa clientèle politique.

Rares sont ceux qui donnent le sentiment de vouloir parler à la Nation tout entière.

L’élection présidentielle a longtemps consisté à choisir un homme ou une femme pour conduire le pays.

Elle semble se transformer aujourd’hui en compétition permanente de visibilité où l’exposition médiatique précède le projet et où l’ambition précède la vision.

La question n’est donc peut-être pas de savoir qui sera candidat en 2027.

Elle est peut-être de savoir pourquoi ils sont si nombreux à vouloir l’être.

Car lorsqu’une fonction conserve tout son prestige mais perd une partie de sa capacité d’incarnation, les prétendants se multiplient souvent au moment même où les rassembleurs se raréfient.

La ruée vers les ors de l’Élysée n’est pas nécessairement le signe d’une abondance d’hommes d’État. Elle peut aussi révéler une pénurie de figures capables de rassembler la France autour d’un destin commun.

Le Colonel vous salue bien 🫡

Gouvernance

Les Fulgurances du Colonel #146 : Gérald Darmanin ou l’art du slogan creux.

Régis Ollivier

Régis Ollivier

Ancien officier DGSE | Analyste stratégique Défense & Géopolitique | Renseignement – Sécurité internationale | “Les Fulgurances du Colonel”

26 mai 2026

Invité de Télématin pour parler immigration, le ministre nous a gratifiés de cette formule digne d’une cour d’école : « Nous devons être gentils avec les gentils. Et méchants avec les méchants. »

À ce niveau de responsabilité, on attend une vision, une stratégie, une doctrine. Pas une maxime de paquet de céréales.

La sécurité intérieure d’un pays ne se pilote ni à la morale infantile ni à la communication de plateau télé. Les Français n’attendent plus des formules simplistes. Ils attendent de l’autorité, de la cohérence et surtout des résultats.

À force de réduire des sujets explosifs à des slogans aussi creux, le pouvoir finit par donner le sentiment de commenter les événements… plutôt que de les maîtriser.

Le tout avec le sourire médiatique de circonstance. Presque rassurant. Enfin… en apparence.

Le Colonel vous salue bien

Armées

Militaires morts à l’entraînement : le silence de l’hémicycle – Un affront à nos soldats

Régis Ollivier – Le 11 mai 2026

Seuls 119 députés ont effectivement pris part au vote sur 577 sièges.

Le résultat du scrutin fut le suivant :

  • 47 voix POUR
  • 58 voix CONTRE
  • 14 abstentions

Au-delà du résultat lui-même, une question demeure :

où étaient les 458 autres députés ?

Car derrière ce vote se trouve une réalité souvent oubliée :
les militaires ne meurent pas uniquement au combat.

Ils meurent aussi à l’entraînement.
Parce que l’entraînement militaire n’est pas une simulation.
C’est précisément ce qui prépare à la guerre.

Chaque exercice à risque, chaque plongée opérationnelle, chaque saut, chaque manœuvre exigeante expose des femmes et des hommes qui acceptent, dès l’engagement initial, la possibilité du sacrifice ultime.

On peut naturellement débattre du cadre juridique d’une mention officielle.
C’est le rôle du Parlement.

Mais l’absence massive des députés au moment d’un débat touchant à la mort en service de militaires interroge inévitablement sur l’état du lien entre la Nation et ceux qui la servent sous les armes.

Dans une époque où l’on invoque sans cesse la résilience, l’engagement ou l’esprit de défense, certains symboles ne devraient jamais être traités avec légèreté ou indifférence.

Le Colonel vous salue bien 🫡

Un autre regard sur le monde par Régis Ollivier

Une belle plume au service de nos valeurs

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