«Face à Erdogan, la France ne peut plus compter sur l’Otan, ni sur l’Allemagne»

Pour l’essayiste, Hadrien Desuin, la crise en Méditerranée opposant la Grèce et la Turquie révèle que la France ne peut plus compter sur l’Otan dont la Turquie est membre ni sur l’Allemagne pour protéger les frontières maritimes de l’Europe.

L’erreur serait de penser que la France peut négliger l’OTAN

Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur associé à l’Institut Thomas More – Le 09 juillet 2020

J’ai hésité quelques jours avant de partager avec vous cette réflexion pertinente de Jean-Sylvestre Mongrenier car j’ai effectivement été l’un des premiers à hurler avec les loups anti-OTAN et surtout anti-Turquie. Même s’il est vrai que je pousse régulièrement des cris contre ce « machin » qui nous aliène plus qu’il nous protège. Et pourtant, aujourd’hui, j’abonde dans le sens de ce chercheur qui dissèque plutôt bien et brièvement le bébé. À ce stade, nous sommes encore bien loin de l’Europe de la Défense et il est fort probable que je quitterai ce monde sans avoir connu cet autre « machin ». //RO

Le dernier incident naval turco-français a suscité une vive réaction de Paris [le 10 juin, un navire français a fait l’objet de trois « illuminations radar » par un bateau turc, pourtant membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Le ministère de la défense juge l’affaire « très grave » et l’Alliance a lancé une enquête afin de faire la lumière sur cet incident]. En vérité, les alliances ne sont jamais totalement alignées : il n’est pas exceptionnel que des frictions se produisent entre certains de leurs membres.

Fallait-il qu’Emmanuel Macron parle à nouveau de « mort cérébrale » à propos de l’OTAN ? Ce jugement lapidaire sur l’Alliance atlantique, tant voulue et recherchée par la France au cours des guerres du XXe siècle, manifeste une certaine désinvolture. Il convient de rappeler son importance stratégique et géopolitique, les incertitudes générées par l’actuel locataire de la Maison Blanche ne devant pas légitimer d’autres inconséquences.

De fait, l’annonce récente du retrait américain de 9 500 soldats d’Allemagne, possiblement compensé par le redéploiement d’une partie d’entre eux en Pologne ou dans les Etats baltes, n’est pas de bon augure. Toutefois, les fixations et l’isolationnisme psychologique de Donald Trump ne dissimuleront pas l’illettrisme stratégique qui affecte une partie des classes dirigeantes européennes.

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Paris exaspéré par les initiatives de Berlin en matière militaire

Par  Nathalie Guibert et  Jean-Pierre Stroobants – Publié le 25 octobre 2019 – Le Monde

À mes yeux, l’Allemagne ne sera jamais ni un pays ami, ni un pays allié objectif. //RO

La France reproche à l’Allemagne d’avoir tenté de s’entendre directement avec Washington sur une nouvelle répartition des budgets de fonctionnement de l’OTAN.

Mi-septembre, ce fut un coup de tonnerre de plus dans une relation franco-allemande déjà bien orageuse sur les sujets de défense. Sous la pression de Donald Trump pour augmenter son budget militaire, Berlin venait de négocier avec Washington une nouvelle répartition des budgets de fonctionnement de l’OTAN à son profit, sans avertir Paris.

Historiquement, les dépenses de l’organisation (ses quartiers généraux et ses frais courants), sont partagées par tous, selon la richesse des Etats membres. La clé de répartition prévoit que les Etats-Unis paient 22 % de ce budget commun de fonctionnement, l’Allemagne 13 %, la France 11 %, etc. Berlin a proposé de baisser la part américaine à 15 %, d’augmenter un peu la sienne (de 13 % à 15 %), tout en postulant que les autres alliés combleraient le manque à gagner.

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