Régis Ollivier – Le 9 mai 2026

Vous l’avez sans doute remarqué : avec le temps, le Colonel canal historique a laissé davantage de place au Colonel canal stratégique. Moins de coups de sang. Davantage de recul. Plus de diplomatie dans la forme, sans renoncer au fond.
Mais parfois, certaines décisions défient à ce point le bon sens qu’elles réveillent instantanément le vieux grognard.
Ainsi donc, un navire-usine de 112 mètres, capable de prélever jusqu’à 400 tonnes de poissons par jour, pourra évoluer à proximité de nos côtes sous pavillon néerlandais.
Pendant ce temps-là, nos pêcheurs français croulent sous les quotas, les normes, les contrôles et les restrictions.
Cherchez l’erreur.
On nous parle de protection des océans, de biodiversité, de transition écologique, de pêche responsable… Puis l’on autorise des monstres industriels flottants capables de ratiboiser des écosystèmes entiers à l’échelle quasi industrielle.
À quel moment cette logique devient-elle cohérente ?
Le problème n’est pas seulement écologique. Il est aussi économique, stratégique et civilisationnel.
Car derrière ces mastodontes des mers, ce sont des filières artisanales qui disparaissent, des ports qui meurent lentement et une souveraineté alimentaire qui s’efface au profit d’une logique purement industrielle et financière.
Et l’Union européenne dans tout cela ? Silence radio.
À force de vouloir réglementer les petits tout en laissant prospérer les géants, l’Europe finit par donner le sentiment qu’elle protège davantage les flux que les peuples.
Les océans ne sont pas des mines à ciel ouvert.
Le Colonel vous salue bien 🫡