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Ductiles, veaux, mous du genou… et contents de l’être.

Régis Ollivier – Le 19 juillet 2025

Illustration lecolonel.net

« Les Français sont des veaux. » Général de Gaulle
« L’Occident est devenu ductile. » Un lettré désabusé

Moi, je dirais plus crûment :
« Nous sommes devenus mous du genou… et contents de l’être. »

La ductilité, dans les laboratoires, c’est une qualité.
Dans les sociétés humaines, c’est une pente douce vers l’abîme.

On plie, on encaisse, on s’adapte, on renonce, et on appelle ça résilience.
En vérité, nous avons troqué la verticalité contre la souplesse, la fermeté contre la tolérance molle, la force contre l’acceptabilité.

On ne gouverne plus, on s’excuse.
On ne défend plus, on cède.
On ne pense plus, on valide.

Ductiles, oui. Mais surtout déstructurés jusqu’à la moelle.
Des tubes souples. Des braves gens. Des mous du genou.

Et pourtant…
Nous aurions pu tenir bon.
Nous aurions pu opposer une colonne vertébrale à cette dissolution rampante.
Mais non. Trop fatigant. Trop clivant. Trop… français.

Aujourd’hui, le mou est érigé en norme.
L’autorité est suspecte. La virilité est toxique. La souveraineté est ringarde.
Et le courage ? Une relique. Un mot en voie d’extinction.

Nous sommes la première civilisation qui s’effondre en demandant pardon.

Mais moi, je n’ai pas signé ce chèque en blanc à la décadence.
Pas ductile pour un sou.
Et encore moins mou du genou.

Le Colonel vous salue bien. Droit dans ses bottes,
avec des genoux solides et une nuque raide.

Armées

14 juillet 2025 : Macron convoque le ban et l’arrière-ban avant d’annoncer ses mesures chocs.

Régis Ollivier – Le 11 juillet 2025

« Quand le chef d’un territoire part en guerre, il convoque le ban, c’est-à-dire les premiers vassaux qui lui doivent assistance, mais aussi l’arrière ban, c’est-à-dire les vassaux de ces derniers, les arrière vassaux, et dans cette mutuelle assistance et belle allégeance, on part tous joyeusement au combat. » (Canal Académies)

Tapis rouge, artillerie lourde et force communication… quand l’Élysée prépare la prestation du Président de la République et Chef Suprême des Armées, ça donne ça. Et ça dépote.

« Mais, méfiez-vous, c’est un truand » (Le Dragueur des supermarchés – Chanson de Jacques Dutronc ‧ 1992)

Sitôt publiée sur LinkedIn, sitôt supprimée. Une précédente version de ce billet a disparu comme par enchantement. Il semble que certains algorithmes soient plus susceptibles que d’autres. Dont acte.

Mais je persiste et signe. Voici la version non édulcorée, celle qui dit ce que beaucoup pensent tout bas.

Ne soyons pas dupes : cette montée en puissance médiatique autour du 14 juillet n’est pas fortuite. Elle est millimétrée. Synchronisée. Orchestrée depuis le sommet de l’État. Quand le chef de l’État prépare le terrain, ses relais militaires et sécuritaires exécutent la partition à la note près.

Le chef d’état-major des armées en personne prend la parole, dans une communication aussi inhabituelle que ciblée. Dans la foulée, le patron du renseignement extérieur en fait autant, dans un registre tout aussi inédit. Une chorégraphie bien huilée. Les canaux institutionnels s’alignent. Les éléments de langage se répondent. Les visages restent graves, mais le message est clair : nous sommes prêts.

Et dans cette mise en scène, chacun joue son rôle :
• Le stratège en uniforme, posture impeccable.
• Le maître-espion au ton feutré.
• Le ministre silencieux, tout juste bon à valider ce qui vient d’en haut.
• Et, évidemment, le Président – seul à la baguette, seul à écrire la partition.


La boucle est bouclée.

Reste désormais à entendre les annonces choc qui ne manqueront pas de ponctuer ce 14 juillet. Entre posture martiale, gestuelle présidentielle et symboles creux, tout sera fait pour détourner les regards d’une réalité bien plus crue : une République en lambeaux, à bout de souffle après deux quinquennats calamiteux. Une France fracturée, exsangue, mais qui s’apprête malgré tout à jouer les fiers-à-bras dans un affrontement annoncé contre la Russie – sous parapluie nucléaire franco-britannique, cela va de soi.


Le Colonel vous salue bien et vous recommande de garder vos esprits clairs… et vos bottes sèches.

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Dissuasion nucléaire

Les États-Unis : de l’oncle Sam à l’oncle Shrapnel

Régis Ollivier- Le 22 juin 2025

« Trump va-t-en paix » s’est donc mué en « Trump va-t-en guerre ». Rien de surprenant sous le ciel étoilé d’une Amérique qui ne sait exister qu’en bombardant. Voilà près de deux siècles et demi que les États-Unis s’agitent dans le fracas des armes, armés de leur sacro-sainte « destinée manifeste », cette fable impériale qui justifie tout — y compris l’extermination, l’occupation, et la désolation.

Ce peuple que l’on nous présente encore comme modèle de liberté a d’abord fondé sa nation sur un génocide. Celui des peuples amérindiens. Puis il a poursuivi son œuvre civilisatrice en se massacrant lui-même, Nord contre Sud, pour une guerre de Sécession qui fit plus de morts que toutes leurs guerres étrangères réunies. Depuis, la guerre est devenue chez eux un mode de vie. Une industrie. Un business. Une religion.

Corée, Vietnam, Irak, Afghanistan, Syrie… À chaque fois, les mêmes motifs : démocratie, liberté, paix. À chaque fois, les mêmes méthodes : missiles, drones, bases militaires. À chaque fois, le même résultat : chaos, ruines, instabilité, et « boys » rapatriés en silence, drapés du drapeau, la queue basse, quand ce n’est pas les jambes devant.

La vérité, c’est que les États-Unis ne gagnent jamais vraiment leurs guerres. Ils les commencent, ils les nourrissent, ils les prolongent, mais ils ne savent pas les finir. Sauf en laissant le champ libre aux fous de Dieu, aux seigneurs de guerre ou aux mafias tribales. Leur victoire se mesure en contrats d’armement, en parts de marché et en vidéos de frappes chirurgicales vendues comme des bandes-annonces de superproduction.

Et voilà que le clown orange, de retour sur la scène internationale, s’agite de nouveau. Le voilà qui menace l’Iran, joue avec l’escalade, souffle sur les braises, convaincu que l’humanité se divise entre ses alliés prosternés et ses ennemis vitrifiables. Et pour couronner ce cirque, il réclame encore son Prix Nobel de la Paix. À ce stade, ce n’est plus du cynisme, c’est du cabotinage nucléarisé.

Il est grand temps de le dire : les États-Unis ne sont pas les gendarmes du monde, ce sont ses pyromanes professionnels. Et Trump, loin d’être un homme de paix, n’est que le dernier pantin en date d’un empire qui a fait de la guerre son identité et de la paix un slogan creux.

#USA #IRAN